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Dimanche 30 décembre 2007
publié dans : L'Antiquité
 
 

Aujourd’hui Rome est connue comme étant la capitale de l’Italie, mais il y a 2000 ans, Rome était au centre d’un grand et puissant empire.

 

Les Romains ne gouvernaient pas seulement l’Italie mais également une grande partie de l’Europe et certaines parties d’Afrique et d’Asie.

 

Rome était la plus grande ville de l’empire, il y vivait ebviron un million d’habitants.

 

colisee1.jpgNous connaissons beaucoup de choses sur les anciens Romains grâce aux objets qu’ils nous ont laissés.

 

Les jours de fête, les Romains aimaient sortir et s’amuser.  Ils appréciaient tout particulièrement assister aux combats de gladiateurs.  Ces affrontements se terminaient par la mort mais les Romains en raffolaient.  Les gladiateurs entraient dans l’arène et défilaient devant l’empereur, ensuite les combats pouvaientgladiateur-mosaique.jpg commencer !

 

La plupart des gladiateurs étaient des esclaves, des criminels ou des prisonniers de guerre ; il y avait également des gladiateurs femmes.  Les apprentis gladiateurs étaient envoyés dans des écoles spéciales où ils étaient entraînés au combat. Tous les jours, ils effectuaient des excercices avec dess poids pour se muscler et ils s’entraînaient également au combats avec de lourdes épées en bois.  La nuit, ils étaient enfermés dans leur cellule, s’ils tentaient de s’échapper, on les jetait dans la prison de l’école qui fourmillait de rats !

 

L’instructeur des gladiateurs s’appelait un laniste (vieux gladiateur qui ne combattait plus), il était dur et très sévere). 

Différents types de gladiateurs combattaient avec diverses armes.
Un gladiateur rétiaire armé d’un trident et d’un filet pouvait affronter un gladiateur secutor armé d’une courte épée et d’un bouclier. r--tiaire.gif

 







Personne n’en est sûr, mais les historiens pensent que la foule décidait du sort des gladiateurs à la fin d’un combat.  Un signe du pouce exécuté sur la gorge signifiait que le perdant devait être mis à mort.  Une main droite evée avec le doigt tendu vers le ciel signifiait que le perdant pouvait vivre. Lorsqu’un gladiateur gagnait un combat, on lui offrait de l’argent pour récompense et une palme, les combattants gagnaient parfois une couronne de laurier qu’ils portaient sur la tête.  Le prix le plus important était
le rudis qui était une épée en bois, le gladiateur qui le gagnait était libre.

 

 

 
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Jeudi 27 décembre 2007
publié dans : Agenda


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Bien avant de s'affirmer comme une entité politique, l'Europe s'est distinguée par une intense circulation des personnes et des biens. Malgré les guerres et les conflits, cet échange d'idées, de biens et d'innovations a créé des liens durables entre les communautés humaines, de la Méditerranée à la Baltique, de l'Atlantique à l'Oural. Nous oublions souvent que les artistes, les oeuvres d'art et même les riches amateurs cherchant à satisfaire leur appétit du beau empruntaient également les routes commerciales et les voies navigables. C'est donc à travers les oeuvres du passé, même modestes, que nous pouvons mesurer et apprécier cet espace européen de l'art et de la pensée, qui existait déjà à l'aube du Moyen Age.

L'exposition illustrera par de nombreuses oeuvres, remarquables et souvent spectaculaires, plusieurs aspects particulièrement éloquents de cette circulation artistique et des différentes formes qu'elle a prises au cours d'une longue période de l'histoire de l'art (du Ve au XVIIIe siècle). Elle réunira quelque 350 oeuvres, provenant d'une bonne centaine de collections européennes.

Plus d'information : Bozar.be

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Jeudi 27 décembre 2007
publié dans : Agenda

Grognon-Affiche-expo.jpgA Namur, au confluent de la Sambre et de la Meuse, une langue de terre appelée Le Grognon, conserve les traces des origines de la ville.
Le site nous livre enfin ses secrets au terme de plus de 10 ans de fouilles archéologiques…

Cette exposition riche et didactique vous invite à la découverte des habitants de ce quartier, qu’ils soient chasseurs de la Préhistoire, artisans mérovingiens, marchands du Moyen Age ou aubergistes de la Renaissance.

du 15 septembre 2007 au 31 mai 2008
Espace archéologique Saint-Pierre
Route Merveilleuse, 23
5000 Namur
Ouvert du mardi au dimanche de 12h00 à 17h00
ENTREE LIBRE

Visites guidées sur réservation au 081/250.270.


Namur Le Grogon

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Jeudi 27 décembre 2007
publié dans : Contes et Légendes

Combien de choses on souhaite! combien de choses on

rapporte à propos du jour de l’an.

Voilà une de celles qu’on raconte; quant à celles qu’on

peut souhaiter, en voilà une aussi : vivez et mourez en paix

avec votre conscience.

La petite Marthe avait reçu un grand nombre de jouets et

une quantité prodigieuse de bonbons. Comme elle n’avait que

six ans, on n’était pas encore à midi qu’elle était déjà lasse

des jouets et rassasiée de bonbons.

Marthe demanda alors à sa grand’tante, qui la gâtait

beaucoup, de vouloir bien venir un peu se promener avec

elle.

La bonne vieille ne prit guère d’argent, car elle savait

qu’elle ne refuserait rien à Marthe, tant qu’elle en aurait, et

elle ne voulait pas lui apprendre à prodiguer pour ses

caprices.

Le temps était beau, mais il faisait grand froid; Marthe

enfonçait ses bras, tant qu’elle le pouvait, dans un manchon

presque aussi gros qu’elle.

Les boulevards étaient couverts de boutiques, et Marthe

fit tant d’achats, pour commencer, que bientôt la grand’tante

n’eut plus qu’une pièce de dix sous.

La petite fille avait plein les bras et plein son manchon

d’objets fort éclatants, coûtant très peu et ne valant pas

davantage.

Sachant qu’il n’y avait plus beaucoup à dépenser, elle

s’avisa de penser aux petits enfants qui avaient passé leur

jour de l’an sans jouets et sans bonbons.

C’était fort vilain d’y avoir songé si tard, mais Marthe

n’avait encore que six ans et, au fond, elle n’avait pas

mauvais coeur.

Du reste, sa tante la gâtait trop et d’une manière qui

n’était pas raisonnable.

Au moment où elle commençait à penser aux autres assez

tardivement, deux enfants, plus petits qu’elle, frappèrent ses

regards; ils étaient si pâles et paraissaient si tristes que la

bonne tante en fut frappée comme elle.

Le plus âgé, vêtu fort proprement de noir, mais d’une

manière trop légère pour la saison, était arrêté pour ajuster au

cou de son frère, qui grelottait quoique plus chaudement

habillé, sa petite cravate de laine, et il avait, le pauvre enfant,

son petit cou tout violet de froid.

« Où allez-vous ainsi, mes petits amis? leur demanda la

tante.

– Nous revenons, madame, répondit l’aîné, de chez une

dame amie de maman que nous n’avons pas trouvée chez

elle, et nous rentrons à la maison.

– Oui, ajouta le petit avec cette confiance naïve de

l’enfance, nous allions chez madame Paul, afin qu’elle nous

donne un peu d’ouvrage pour maman et avoir de quoi acheter

du pain. »

Et comme l’aîné le regardait de travers pour faire cesser

son bavardage, la dernière petite pièce de dix sous était dans

la main du petit, et Marthe avec sa tante se sauvaient pour

que l’aîné ne la leur rendit pas.

Quand elles furent loin, Marthe se mit à pleurer. « Ô ma

tante! dit-elle, combien je regrette d’avoir acheté tant de

joujoux! nous aurions pu donner bien davantage à ces

pauvres enfants! »

Dix ans après, Marthe, jeune fille de seize ans, reçue

institutrice depuis quelques mois, avait fait de la vie un rude

apprentissage dont elle était loin de se douter autrefois.

Ses parents n’avaient pas réussi dans leur commerce et,

faute d’une petite somme de cinq à six cents francs, on

pouvait leur faire une mauvaise affaire.

Marthe venait d’entrer comme sous-maîtresse dans un

externat. Elle devait gagner huit cents francs au bout de

l’année; mais n’étant payée que par mois, il lui était

impossible d’offrir tout de suite la somme due par son père

pour des marchandises non encore vendues.

S’il ne payait pas à l’échéance, son billet serait protesté.

S’il rendait les marchandises, ne pouvant payer, il lui

fallait fermer son magasin.

Une idée vint à Marthe, elle la communiqua à la

grand’tante, alors âgée de quatre-vingts ans, et qui la

chérissait comme par le passé.

Elle l’eût même encore gâtée si Marthe n’eût été

raisonnable.

« Ma tante, dit la jeune fille, il me semble que nous

pouvons obtenir un arrangement du créancier de mon père;

gagnant huit cents francs par an, je puis lui en donner

cinquante tous les mois, le jour où je toucherai mes

appointements. Peut-être acceptera-t-il. »

La bonne vieille approuva l’idée, et voulut accompagner

sa petite fille.

Lorsqu’elles arrivèrent chez Marcel frères, toutes deux

furent fort surprises de voir sur l’enseigne du commerçant

une pièce d’argent sculptée en relief avec cette inscription :

(Aux cinquante centimes du jour de l’an).

Elles se souvinrent des cinquante centimes de Marthe et

n’osant se communiquer leur pensée, elles entrèrent dans le

magasin.

L’aîné des frères Marcel était assis au bureau, faisant

l’office de caissier; le plus jeune remplissait l’emploi de

garçon de magasin; une femme paraissant plus souffrante

qu’âgée, remplaçait tantôt l’un, tantôt l’autre de ses fils.

Marthe, que la grand’tante aimait à entendre parler, parce

qu’elle en était idolâtre, exposa le but de leur visite très

simplement, mais avec une énergie qui prouvait qu’on

pouvait se fier à sa parole.

Marcel, l’aîné, à qui elle s’était adressée, appela sa mère

et son frère.

Il avait reconnu, non pas Marthe, grandie énormément,

mais la bonne vieille, qui depuis dix ans avait à peine changé.

« Nous avons, dit-il, l’honneur de voir celles qui sont

cause de notre aisance. »

Et comme sa mère et son frère s’étaient empressées

d’entourer les deux arrivantes, il raconta qu’après le départ

de Marthe et de la vieille dame, il les avait longtemps

cherchées, car ni lui ni son frère ne demandaient l’aumône.

En rentrant chez leur mère, comme il ne pouvait se

consoler, l’amie chez laquelle il n’avait trouvé personne entra

à son tour; elle apportait de l’ouvrage et un peu d’argent.

On put donc acheter du pain sans toucher à la petite pièce

qui avait rendu le coeur si gros à l’aîné.


Il fut même tout à fait consolé dans sa fierté quand sa

mère lui dit : « Peut-être qu’à ton tour tu pourras rendre, si tu

travailles, des services aux autres sans les offenser. »

Félix Marcel, ayant réfléchi là-dessus, demanda la pièce

de dix sous pour en faire l’usage qu’il voudrait, annonça qu’il

ne rentrerait que le soir et prit à la main son petit frère, qu’il

ne quittait jamais, avec un air de résolution comme s’il eût

été à la conquête du monde.

Les deux amies, l’ayant laissé sortir avec un sourire, car

c’était un brave enfant en qui on pouvait avoir confiance,

s’amusèrent à le suivre de loin.

Félix, tenant toujours son petit frère par la main, alla

jusqu’à une marchande d’objets à un sou et lui demanda si

elle pouvait lui en vendre pour dix sous, au prix des

marchands, – car il allait entrer dans le commerce!

La marchande partit d’un interminable éclat de rire; mais

comme c’était justement à cette même place que l’enfant

avait tant cherché la dame aux dix sous, elle se douta de

quelque projet courageux.

Non seulement elle ajouta aux objets une forte pacotille

en disant : « Tu me paieras ceux-ci quand tu auras une

recette, » mais elle prit les deux frères sous sa protection, et

leur arrangea une toute petite table devant la sienne. 
Tous
trois étaient, le soir, tellement amis, qu’ils ne pouvaient plus

se séparer. Ils gagnèrent ce jour-là le triple de leur mise. 
La
bonne marchande n’avait pas d’enfants. Quand l’époque du

jour de l’an fut passée, elle les prit pour l’aider dans sa petite

boutique, sous prétexte qu’ils lui seraient fort utiles, car Félix

n’y aurait pas consenti sans cela.


Le commerce avait prospéré; en dix ans, la boutique de la

mère Hortense était devenue un gros magasin où vivaient les

deux veuves et les deux frères.

Tout cela, grâce aux dix sous de Marthe!

Félix en était là de son récit, quand rentra la mère

Hortense qui revenait tout à propos de quelques courses.

Je vous laisse à penser, chers enfants, quel accueil on fit à

Marthe et à la grand’tante.

Félix exigea que les six cents francs ne lui fussent remis

qu’au bout de quatre ans.

À cette époque-là, le père de Marthe ayant fait de

meilleures affaires, le magasin des frères Marcel ayant

continué à prospérer, tout le monde fut d’avis que pour la fête

de la bonne grand’tante on prêtât chacun cent francs à six

orphelins dont les uns avaient à soutenir leur mère, les autres

leurs petits frères.

La bonne vieille, ce jour-là, pleura de joie, et cette action

porta bonheur à tous, car elle vécut longtemps encore et les

six commerces prospérèrent.

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Jeudi 27 décembre 2007
publié dans : Contes et Légendes

Le père Blaise était le plus riche fermier de la contrée.

Outre les champs qu’il cultivait pour d’autres, à moitié ou

autrement, il avait, en propre, un bien considérable.

Sa fille avait été élevée dans la meilleure pension de la

ville, et son fils venait de sortir du collège avec une charge de

prix à faire envie à ses camarades.

Margot, sa ménagère, était une personne fort avenante; ne

se mettant jamais en colère quand il tombait une averse sur le

grain coupé.

Les domestiques se plaisaient à la ferme; pourtant le père

Blaise était triste, si triste qu’on craignait qu’il n’en mourût,

d’autant plus que son père et son grand-père étaient, eux

aussi, morts de tristesse, sans qu’on pût en savoir la cause.

Souvent les deux enfants, Rose et André, en causaient

avec leur mère.

« Toi qui passes pour si savant, disait Margot à son fils,

tâche donc de guérir ton père de sa tristesse. »

André faisait bien tout ce qu’il pouvait, mais il n’avançait

guère.

Il aurait raconté pendant dix ans tous ses meilleurs tours

de collège, que Blaise se fut contenté de l’écouter gravement,

car il contait bien, mais sans pour cela sourire aucunement.

En désespoir de cause, Rose alla, sans rien dire, trouver la

vieille Jeannette.

C’était une paysanne qui avait près de cent ans.

Par conséquent, ayant bien des fois vu naître et mourir

pères, enfants et petits enfants; connaissant l’histoire de

chaque famille elle donnait quelquefois d’excellents conseils,

ce qui la faisait passer pour très habile.

Rose alla donc consulter Jeannette pour la tristesse de son

père.

« Dame, ma fille, dit la vieille, je savons ben pourquoi;

mais il ne serait pas prudent de te le dire. »

Rose insista tellement, elle promit si bien le secret, et puis

au fond la vieille Jeannette désirait tant raconter à la fillette

tout ce qu’elle savait et chercher ensemble les moyens de

guérir son père, qu’elle consentit.

« Mon grand-père m’a raconté, dit-elle, qu’il fut un temps

où dans ce village la disette fut telle que ceux qui avaient un

peu de terre donnaient, quand ils avaient des enfants, le

champ entier pour un sac de blé, ou même d’orge, ou de

sarrasin. »

Rose frissonnait! Le grand-père de Jeannette, qui avait

cent ans, cela devait être bien vieux! Mais elle ne savait

pourquoi ce commencement d’histoire lui faisait peur.

« Alors, continua la vieille, l’arrière-grand-père de votre

père, qui s’appelait François Blaise, commença à acheter

beaucoup de petits champs à ceux qui ne voulaient pas laisser

mourir de faim leurs enfants ou leurs vieux parents. »

Rose fondait en larmes.

« Dame, ma fille, dit la vieille, t’as voulu savoir.

– Oui, ma bonne Jeannette, dit la jeune fille, il faut que je

sache, pour que mon père guérisse. »

Et, séchant ses larmes, elle écouta avec fermeté.

Jeannette continua :

« François Blaise, déjà riche, se maria richement, mais il

y avait dans le village des familles ruinées. Il prit la chose à

coeur et mourut.

« Son fils, à qui il avait, sans doute, recommandé quelque

chose en mourant, mais qui n’avait point osé le faire, prit

tristesse au même âge; il mourut.

« Ton père est le cinquième. »

Rose avait trouvé un expédient; mais il eût fallu dire à son

père qu’elle connaissait le secret.

« Que feriez-vous à ma place, Jeannette? demanda-t-elle.

– Dame, Mamz’elle, c’est délicat! dit la vieille.

– Mais enfin, disait la pauvre jeune fille, en joignant les

mains, comment rendre ces maudits champs sans faire honte

à notre père? »

La vieille laissa échapper étourdiment ces mots :

« Il y a longtemps que j’y songions, nous deux Jean-

Claude : car c’est grand dommage de laisser mourir un

pauvre brave homme qui sera tant pleuré.

– Mon père, n’a-t-il jamais essayé, dit Rose, de rendre

quelque chose?

– Dame, Mam’zelle, depuis ses arrière-grands-pères, ils

ont toujours soutenu, en dessous, les familles; mais ça ne leur

satisfaisait pas encore la conscience, et votre père, c’est de

même. »

Toutes deux se prirent à pleurer, tant la confiance et la

douleur de Rose avaient ému la bonne femme. Elle arriva

alors à une seconde étourderie, elle qui pourtant avait si forte

tête, comme on disait dans le pays.

« Je verrons avec Jean-Claude! »

À peine ces paroles étaient-elles dites, que Rose s’écriait :

« Je comprends, Jeannette; vous et Jean-Claude descendez

des familles qui ont fait ces tristes marchés. »

La vieille ne répondit pas.

Rose continua : « Ne me refusez pas ce que je vous vais

demander. Vous et Jean-Claude, vous êtes bien vieux,

quoique ce soit le plus jeune de vos neveux; vous allez venir

demeurer parmi nous; mon père souffrira moins, et vous

serez bien choyés, bien heureux! »

En parlant ainsi, elle rougissait la pauvre fille, car au

fond, les terres, si étrangement achetées par son aïeul, étaient

beaucoup à Jeannette.

Celle-ci eut pitié de l’enfant.

« Eh ben, oui, dit-elle, puisqu’il n’y a pas d’autre

moyen! » Rose ne dormit pas de la nuit. C’était vraiment une

heureuse inspiration que celle qui l’avait conduite chez

Jeannette.

Le lendemain, Rose conduisit chez son père, la centenaire

et son neveu Jean-Claude, le vieux berger.

« Père, dit Rose, voici une société qui va t’égayer.

Maintenant, ces bons vieillards demeureront avec nous. »

Blaise rougit et pâlit, et puis son coeur creva, comme on

dit dans le village; et il raconta, en fondant en larmes,

comment de père en fils, recevant chacun le fatal récit et tous

retenus par une mauvaise honte, ils n’avaient qu’aidé les

descendants des malheureux avec lesquels son aïeul avait fait

ces fatals marchés, et les terribles souffrances que chacun

d’eux avaient endurées.

Jean-Claude pleurait d’attendrissement.

« Qu’à ça ne tienne, père Blaise, dit Jeannette, gna pu que

nous deux, Jean-Claude et moi de ces familles-là, et je

venons demeurer avec vous pour toujours. À preuve que je

baillons en héritage à André et à Rose tout ce que vous

croyez qu’est à nous, quoique vous en ayez donné petit à

petit la valeur; mais je sais pourquoi ça ne vous contentait

pas. »

Il fut fait, comme le disait Jeannette. Voilà pourquoi

Blaise ne mourut pas de tristesse, comme son père et ses

grands-pères.

Et voilà pourquoi Jeannette, vêtue de ses plus brillants

atours, c’est-à-dire d’une coiffe comme on en portait au

temps de sa jeunesse, et d’un beau corsage en pointe tout

rouge sur une jupe rayée, assistait au mariage de Rose et

d’André avec les enfants de Nicolas Garoui, le Breton, qui,

comme eux, avaient bon coeur et avaient été bien éduqués.

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Jeudi 27 décembre 2007
publié dans : Contes et Légendes

Les imaginations, frappées du bruit du cor et des

aboiements des meutes, dans le silence des bois,

personnifièrent leurs impressions sous le nom de Barbatos,

duc de l’abîme.

Il entend, dit la légende, le chant des oiseaux, les

hurlements des loups; il comprend le cerf qui brame et la

feuille qui craque en se détachant et va rejoindre ses soeurs

dans les valses du vent.

Il connaît les trésors enfouis, les cavernes et les aires.

Devant lui, quatre rois sonnent du cor, et il mène d’un

bout du monde à l’autre la chasse des ombres.

C’est de Barbatos que l’on fit les robins-des-bois, les

chasseurs noirs, les grands veneurs et toutes les chasses

fantastiques qu’on croit entendre la nuit dans les bois.

Le vent souffle-t-il fort? l’orage est-il dans les bois? Les

petits enfants des villages croient encore, comme leurs

grand’mères, que c’est la chasse du grand veneur qui passe

avec grand bruit.

Parfois la tempête hurle comme les loups, résonne comme

les troupes; alors on dit, sous les grandes cheminées, où toute

la famille se chauffe à la fois : c’est Robin-des-Bois qui

chasse.

Cette croyance servit, il y a quelques années, à faire

rentrer en lui-même un vieux paysan avare qui, ayant enterré

son trésor au pied d’un chêne, s’imaginait qu’on a de la

fortune pour mettre dans un vieux bas, renfermé dans un pot,

sous la terre, ce qui peut servir à soulager les autres.

Quand je dis rentré en lui-même, cela ne signifie pas qu’il

ait beaucoup mieux valu : car l’intérieur d’un avare n’est

jamais bon; mais enfin, il fit, grâce à la peur, une bonne

action.

La peur! c’est un motif honteux! Qu’attendre de plus d’un

avare?

Le père Mathieu était riche, comment en eut-il été

autrement? On disait que quand il dépensait un sou, il en

mettait toujours la moitié de côté.

Comment faisait-il? Je n’en sais rien. Comment avait-il

gagné ses terres et tout l’argent que dans le bois il cachait au

pied d’un vieux chêne? Je n’en sais pas davantage.

Dans tous les cas, son argent, caché là, n’était pas même

bon à nourrir les vers ou à faire pousser les truffes.

Chaque fois que le père Mathieu avait quelque pièce d’or

à ajouter à son trésor, il attendait une nuit sombre et s’en

allait au pied du chêne où, à la lueur d’une lanterne sourde, il

comptait son argent en tremblant de peur, et d’affection

aussi; car il aimait ce trésor comme on aime sa famille, son

pays, sa mère, tout ce qu’on a de plus cher au monde.

Un soir donc, à genoux au pied du chêne, il venait de

compter, en tremblant, son or, le caressant de la main comme

on eût fait à un enfant, et pensant que s’il se fût marié, sa

femme aurait dépensé pour se nourrir et se vêtir, qu’il eût

fallu élever ses enfants, que tout cela coûte horriblement, et

qu’en restant seul il avait pu entasser. Il regrettait seulement

de ne pouvoir vivre sans manger.

Mais il ne regrettait pas d’être demeuré orphelin fort

jeune; il aimait mieux son trésor qu’une famille.

Une seule chose l’ennuyait, c’est qu’on n’enterrerait pas

son or avec lui; et c’est à cela qu’il pensait, outre la crainte

qu’il avait qu’on vînt le surprendre.

Il avait donc grand soin de tourner contre lui la lueur de sa

lanterne, et le moindre bruit de vent dans les feuilles le faisait

tressaillir.

Tout à coup, une lueur rouge parut au fond d’une allée

couverte, et en même temps une grande chasse, une chasse

fantastique, telle que celles des légendes, s’élança de son

côté; les chiens ne donnaient pas un coup de voix, ils

flairaient la piste; les chasseurs à cheval ne donnaient pas de

fanfare; c’était la chasse du Grand-Veneur, mais avec le

silence de la mort, une vraie chasse de fantômes.

Le père Mathieu croyait à tous les chasseurs fantômes,

beaucoup plus fermement qu’à sa conscience qu’il n’avait

jamais sentie; il serra son trésor contre son coeur, sous sa

blouse, et se cacha derrière l’arbre, dans un fourré fort épais

où il s’était ménagé une entrée en cas de surprise.

Il vit les chasseurs s’arrêter, et à la lueur des torches de

résine, épouvanté, distingua le poil du dos des chiens

horriblement dressé; leurs yeux semblaient pleins

d’épouvante, et ils flairaient sans cesse de tous côtés. Les

chevaux avaient même les crins hérissés.

À ce moment, une trompe lointaine sonna l’hallali :

chevaux, chiens, chasseurs, se précipitèrent de ce côté.

Mathieu entendit craquer les branches, et les pieds des

chevaux frapper le sol, dans un galop effrayant.

C’était bien réellement, pensait-il, le Grand-Veneur ou

Robin-des-Bois.

Le vieil avare avait eu si peur, qu’il se croyait au moment

de la mort.

Mourir, pour lui, c’était quitter son trésor. Mais, contre

son ordinaire, il avait autant de frayeur pour sa vie que pour

son or; car le danger était imminent.

Lorsque le bois fut redevenu silencieux, il se hasarda à

sortir de sa cachette, emportant son or, dont il ne voulait plus

se séparer, quelque danger qu’il crût avoir à le conserver

auprès de lui.

De retour dans sa maison, une sorte de masure toute en

ruine, vraie demeure de hiboux et d’avare, il se coucha glacé

d’effroi, tenant toujours dans ses bras le vieux pot qui

contenait le bas plein de pièces d’or.

La frayeur l’avait brisé; n’étant plus soutenu par la

nécessité de fuir, il resta sans connaissance dans son lit.

Depuis deux jours, personne ne voyait le père Mathieu;

comme il était déjà vieux, on pensa qu’il pouvait être malade

ou mort, et des voisins vinrent frapper à sa porte, qu’il avait

barricadée solidement en rentrant.

Ne recevant aucune réponse, les voisins allèrent trouver le</