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Les Petits Potins de L'Histoire

Les Petits Potins de L'Histoire

Bienvenue sur "Petits Potins de L'Histoire" J'espère que vous prendrez plaisir à me lire .... N'hésitez surtout pas à me proposer des idées ou de créer vous même un article, je mettrai en ligne avec plaisir...


Les épidémies - La Peste

Publié par Diana Gasparon sur 11 Juin 2007, 10:45am

Catégories : #Les épidémies

 

 Tout au long des siècles et à travers le monde, les épidémies de peste sont à l’origine de plus de 200 millions de morts …. 

 

 

 

C’est en Europe, au XIVe siècle que l’épidémie de peste bubonique va faire le plus de dégâts en emportant plus d’un tiers de la population européenne marquant ainsi le Moyen Age d’un nouveau sinistre record.  Appelée aussi « peste noire » car des plaques noires se développaient sur la peau à l’endroit des piqûres, elle est originaire d’Asie. 

 

Passant par la Chine puis l’Inde, elle arrive en Europe par les navires marchands dont les caves étaient infestées de rats.  Elle se déclare à Gênes durant l’été 1347, elle fait son apparition à Constantinople, à Marseille et en Sicile la même année. 

 

 

 

En 7 ans on dénombre plus de 25 millions de morts dont 100.000 à Venise et 50.000 à Paris où 500 personnes mourraient chaque jour à l’hôtel-Dieu (parmi eux la Reine de Navarre et Jeanne de France).

 

 

 

La société moyenâgeuse est désorganisée, la population fuit les villes et diffuse de plus belle la maladie, les conséquences économiques sont énormes, les médecins sont incapables de soigner les pestiférés, si bien que cette pandémie va perdurer pendant plus de 4 siècles avec des poussées plus ou moins violentes.

 

 

 

La France se réveille assez tardivement en matière d’hygiène et Marseille, un des plus grands ports européen de l’époque subit encore l’épidémie de 1629 et celle de 1649. Pendant cette période, Colbert  (1619-1683) met en place les premières mesures d’hygiène qui finiront par freiner le fléau.  Des bureaux de santé sont organisés, il fait construire des « Infirmeries » destinées à recevoir les équipages et les marchandises pour une quarantaine efficace, le nettoyage des logements des pestiférés est rendu obligatoire, la vente de leurs vêtements est interdite. 

 

 

 

 

 

Après ¾ de siècle de répit grâce à ces mesures, Marseille connaît une nouvelle attaque extrêmement meurtrière car chaque jour compte des dizaines de victimes ; on meurt dans la rue et les charretiers n’ont même plus le temps d’emporter les cadavres au crématorium improvisé qui n’arrive pas non plus à suivre la cadence.  La France essaie de se couper de Marseille en interdisant toute relation avec cette ville, mais la maladie s’étend malgré tout jusque dans la vallée du Rhône ; elle n’atteindra toutefois pas le Nord de la France car une « ligne de défense » est mise en place.  Celle ligne, qui traverse aussi bien les montagnes que les plaines, bloque le trafic entre le territoire infecté et le reste du pays, des postes de garde espacés d’une portée de fusil ne permettent à personne de passer la ligne, aucune exception ne sera faite et la consigne est d’ouvrir le feu sur ceux qui ne font pas demi-tour.

 

 

 

On peut en conclure que le principe de contagion était dès lors bien assimilé alors qu’il ne l’était pas vraiment dans l’Antiquité.  On retrouve néanmoins dans les textes grecs et latins le terme « contagio » qui signifie « contact » mais durant tous ces siècles, la contagion est alors vue comme provenant d’un air vicié contenant des miasmes et à des aliments avariés. 

 

 

 

Ces épidémies ont probablement changé le cours de l’histoire si l’on se rappelle que la peste a décimé une grande partie de l’armée napoléonienne, alors que l’empereur s’apprêtait à envahir la Syrie, l’empêchant ainsi de poursuivre son expédition. (Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa)

 

 

 

 

 

C’est lors de la peste de Chine, qui se déclare à Hong Kong en 1894, que le bacille gram négatif responsable de la maladie (Yersinia pestis) est découvert par Alexandre Yersin, médecin et bactériologiste français d’origine suisse (Aubonné 1863 – Nha Trang 1943), en analysant le pus de bubon des cadavres pestiférés alors que les Japonais le cherchaient en vain dans le sang. 

 

 

 

Quatre ans plus tard, le docteur Paul Louis Simond (1858-1947) découvre le rôle de la puce du rongeur dans la transmission du bacille. Malgré la mise en point rapide d’un sérum dont l’efficacité était encore variable mais qui sauva de nombreuses vies, la peste de Chine s’est répandue avec une incroyable virulence favorisée par les progrès technologiques de la flotte marchande ; en moins de 10 ans la pandémie occupait les 5 continents

 

 

 

A partir de ce moment il a été plus aisé de déterminer que la peste est une maladie épizootique originaire d’Asie Centrale, les rats ne sont pas seuls responsables des épidémies. Le rongeur peut être résistant ou non à la maladie comme en témoigne l’augmentation de la mortalité des rats avant le début d’une épidémie ;

 

 

 

C’est en 1910 que remonte la dernière épidémie de peste en Europe et la sérénité revient lorsqu’on sait que nous possédons les structures médicales appropriées et que la bactérie répond aux antibiotiques.  Mais de nombreuses régions, principalement d’Afrique et d’Asie, sont encore menacées car, comme nous le rappellent ces nouveaux cas de peste il y a moins de 10 ans en Algérie, l’extinction de la maladie n’est pas encore signifiée…

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