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Les Petits Potins de L'Histoire

Les Petits Potins de L'Histoire

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Les épidémies - La Tuberculose

Publié par Diana Gasparon sur 15 Juin 2007, 11:04am

Catégories : #Les épidémies

 

Bien qu’elle ne soit jamais parvenue à semer la terreur parmi les populations, de toutes les épidémies, la tuberculose est pourtant l’une des plus meurtrières à travers les siècles. 

 

 

 

Connue depuis des millénaires - des traces incontestables ont été retrouvées aussi bien sur des momies égyptiennes que précolombiennes - cette affection connaît son apogée au début du 19e siècle.  Le nom de tuberculose n’apparaît qu’en 1834

 

 

 

Nos ancêtres ont connu d’autres appellations telles que « peste blanche », « consomption », terme utilisé car les malades dépérissent lentement comme « consumés » par le mal,  ou encore – et le plus souvent – « phtisie » du grec qui signifie « dépérissement ».

 

 

 

Hippocrate se penche tout particulièrement sur cette affection ; il en dresse les symptômes tels qu’amaigrissement progressif, langueur, toux et sang dans le crachat.  Il décrira aussi les autres formes de tuberculose comme la forme osseuse et la forme ganglionnaire.

 

Si Galien en améliore encore la description, aucune évolution, dans les connaissances transmises de l’Antiquité, ne sera apportée avant le 16e siècle où la phtisie rejoint momentanément le groupe des maladies infectieuses telles que la variole grâce à Jérôme Fracastor (1486*-1553) qui met en évidence le caractère contagieux de la maladie par des micro-organismes.

 

 

 

Durant des siècles les médecins ont cru qu’il s’agissait d’une maladie héréditaire. Facastor pense – comme certains de ses prédécesseurs arabes - que la contagion est soit directe soit par l’intermédiaire d’objets ou de linges ayant appartenu au patient atteint et ce même 2 ans après le contact.  Révolution très mal perçue à l’époque, si bien qu’il faudra encore attendre 3 siècles pour que l’on admette que les germes responsables de la maladie se transmettent d’un être humain à l’autre par la respiration et le contact prolongé.  

 

 

 

Cependant, le Moyen Age ne parle que très peu de la phtisie qui reste une maladie discrète et secondaire puisqu’elle tue de façon plus lente et plus « propre » ; pourtant la population paie un lourd tribut – 1 personne sur 7 décède de cette affection - nul n’est épargné, aussi bien le menu peuple que les nobles sont atteints ; la famille des Valois en est un exemple illustre, tout comme la fille cadette du tsar Nicolas Ier qui était « poitrinaire » comme on disait ! Une fois de plus la théorie de contagion est donc mise de côté et les médecins persistent à en ignorer le caractère infectieux et transmissible jusqu’au début du 19e siècle. 

 

 

 

La littérature de l’époque romantique met régulièrement en scène la tuberculose car l’affection touche le plus souvent les jeunes gens et les jeunes filles à l’âge des grands rêves et des grands amours ; la Dame aux camélias en est un exemple connu.  Mais la réalité est là aussi, elle emporte Frédéric Chopin, les sœurs Brontë, Mozart, Schiller, Maurice de Guérin, Schubert, Chopin, Laforgue, Mérimée, Rachel, Tchekhov et bien d’autres. 

 

 

 

La révolution industrielle et la surpopulation des villes en ce 19e siècle va favoriser l’expansion de la maladie, les villes se peuplent à une vitesse vertigineuse, les banlieues regorgent de taudis insalubres, les familles vivent à près de 10 dans une seule pièce dans la misère, sans eau, l’air y est vicié, la promiscuité et la saleté y règnent en maître si bien qu’une personne sur 4 est atteinte de tuberculose pulmonaire. 

 

Et pourtant la panique ne gagne pas la population comme a pu le faire la peste, le choléra ou encore la variole, le caractère moins brutal de la tuberculose a endormi aussi bien les patients que les médecins et les administratifs si bien que, même si elle a fait plus de victime au XIXe siècle que le choléra, cette maladie n’a dû être déclarée qu’en 1964, époque à laquelle il n’y avait plus grand intérêt à imposé cette précaution.

 

 

 

La nature infectieuse de la phtisie est mise en évidence par Laennec au début du 19e siècle, il décrit la matière grise et semi-transparente qui devient jaune-opaque et ensuite purulente mais ignore toujours son caractère contagieux.

 

De santé fragile, le Dr Laennec meurt à l’âge de 45 ans.  Ironie du sort,  la tuberculose qu’il a si bien décrite l’emporte, tout comme elle avait déjà emporté sa mère alors qu’il n’avait que 5 ans.

 

 

 

Alors qu’en Italie et en Espagne, des mesures de protection sont appliquées dès le 17e siècle pour éviter la contagion, ce n’est qu’en 1865 que la transmissibilité de la tuberculose est mise en évidence dans nos régions par le Dr Villemin (1827-1892).  Cette affirmation, très controversée sur le moment va recevoir une confirmation incontournable lorsque, le 24 mars 1882, le chercheur allemand Robert Koch (1843-1910) démontre le rôle du bacille responsable de l’affection, bacille qui porte désormais son nom.  A partir de ce moment, les termes phtisie et consomption sont définitivement abandonnés et des mesures d’hygiène sont prises afin de combattre les sources de l’infection telles que l’expectoration des phtisiques. 

 

 

 

En 1890, Koch décrit une substance capable de guérir la tuberculose : la lymphe de Koch, appelée aussi tuberculine.  Cette révélation provoque un mouvement d’injection de masse, on se fait inoculé partout jusqu’à ce que, après une année, l’inefficacité et le danger du nouveau procédé sont démontrés.  La réputation du savant est à jamais salie même si, quelque 20 ans plus tard, sa fameuse tuberculine s’avère être un outil de diagnostic quasi incontournable.  

 

 

 

La vaccination ayant fait son apparition, les chercheurs se mettent en quête du traitement immunologique de la tuberculose.  Le Dr Albert Calmette s’associe au vétérinaire Camille Guérin pour mettre en évidence que la persistance de quelques bacilles vivants peu virulents est probablement la meilleure défense contre la phtisie pulmonaire. 

 

La première injection du bacille de Calmette et Guérin (BCG) a lieu en 1921 ; cette méthode remporte un succès mérité puisqu’elle protège dans 80 % des cas graves.  La vaccination est rendue obligatoire en 1950 pour être abandonnée par la suite grâce au recul considérable de la maladie ; recul sans aucun doute dû à cette vaccination mais également aux mesures sociales telles que l’amélioration du niveau de vie, de l’hygiène, des habitations, à l’isolement des patients atteints en sanatorium et des progrès de la thérapeutique.

 

 

 

Si dans les années 70 on espérait que la maladie soit complètement éradiquée au niveau planétaire, il nous faut malheureusement constater qu’il n’en est rien et qu’un risque de retour du fléau est à craindre puisque la tuberculose refait progressivement son apparition dans nos régions, elle est déjà plus présente aux Etats-Unis et même très inquiétante dans le Sud Est asiatique et en Afrique sous saharienne.  La recrudescence n’est pas uniquement due au Sida, infection qui favorise le développement du bacille, elle est également provoquée par un manque d’information et donc de déclaration ainsi qu’à le non accessibilité aux soins pour certaines catégories de populations

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