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Les Petits Potins de L'Histoire

Les Petits Potins de L'Histoire

Bienvenue sur "Petits Potins de L'Histoire" J'espère que vous prendrez plaisir à me lire .... N'hésitez surtout pas à me proposer des idées ou de créer vous même un article, je mettrai en ligne avec plaisir...


Possessions et miracles

Publié par Professeur Binns sur 17 Juin 2007, 11:33am

Catégories : #Contes et Légendes


À la fin du sixième siècle parut, dans la ville de Tours, un imposteur nommé Didier, qui se voulut faire passer pour un grand faiseur de miracles, ce n’était qu’un moldu bien ordinaire. Il se vantait d'avoir des entretiens de faveur avec Saint-Pierre et Saint-Paul, et débitait de longues extravagances que le peuple moldus écoutait avec son avidité ordinaire. On lui apportait des malades pour qu'il les guérît ; mais tout son talent consistait à bien tromper la foule. Voici, par exemple, comment il traitait les paralytiques : il les faisait étendre par terre, puis quelques valets cherchaient à réchauffer leurs nerfs par un frottement modéré ; d'autres tiraient le malade par les pieds et les mains avec tant de force et d'obstination, que le patient était obligé de guérir ou d'expirer. Plusieurs personnes moururent de la sorte entre les mains du charlatan ; mais quelques-unes guérirent.

 

Ces prétendus miracles lui attirèrent une telle réputation, que le mage Saint-Martin disait de lui : Cette homme-là est bien plus petit que les apôtres, et il se fera bientôt aussi grand qu'eux. Un sorcier exerçant parmi les moldus sous l’habit de l’archidiacre de Tours le fit arrêter pour éviter qu’il ne nuise au monde des sorciers par ses actions. Mais alors que le sire Didier était arrêté et jugé, un évêque de passage qui était un ennemi intime de l’archidiacre passa par là et fit mine de reconnaître Didier pour un de ses disciples et le protégea. Il l’utilisa ensuite en lui révélant la vérité sur le monde des sorciers pour accomplir de terribles forfaits et pour manipuler ses semblables moldus. On raconte même qu’il le laissa apprendre la magie et que ce Didier en fit les pires usages...

 

À peu près dans le même temps, un autre sorcier se montra dans la même ville de Tours, et fit aussi des prosélytes. Il venait d'Espagne, et apportait, disait-il, des reliques de Saint-Félix et de Saint-Vincent, de puissants objets de magie. Il se querella avec Grégoire de Tours, qui se trouvait là, au moment de son arrivée, et fit plusieurs impertinences qui l'obligèrent à quitter la ville. Il s'avança donc vers Paris ; et, comme c'était le temps des Rogations, il se rencontra justement avec l'évêque et le clergé de la capitale, qui faisaient les processions d'usage. L’évêque l'invita à porter ses reliques dans la basilique, et à se joindre aux fidèles jusqu'à la fin de la cérémonie. Mais il se mit à dire des injures à l'évêque ; de manière qu'on le fit prendre et renfermer dans une cellule ; après quoi on visita ce qu'il portait. On trouva sur lui un sac plein de racines de diverses herbes, avec des dents de taupes, des os de rats, des ongles et des graisses d'ours, et d’autres drogues qu'on emploie pour composer des maléfices. On se hâta de les jeter dans la Seine, aussi-bien que les reliques, et on chassa le sorcier de Paris. Mais il eut l'audace d'y reparaître et de recommencer ses fourberies. Alors on le chargea de chaînes ; et on se disposait à le resserrer en prison, lorsqu'il se sauva dans une église qu'il remplit d'une puanteur si infecte, que les cloaques et les égouts sentaient le musc en comparaison, et que personne n'avait la force de s'en approcher. Les clercs de l'église, plus intrépides, s'avancèrent pour l'en tirer à quatre, en se bouchant les narines ; mais Amelinus, évêque de Tours, qui arriva sur ces entrefaites, fit mine encore de le reconnaître comme un de ses valets, et se le fit rendre .

 

A l’époque un sorcier obscur, exercant son art avec discretion parmi les moldus, pouvait se montrer sans crainte, puisqu'en cas de discrédit il en était quitte ordinairement pour un simple exil. Mais, quand il s'agissait d'un personnage important dont on voulait se défaire, l'accusation de magie avait des suites plus graves, et on la mettait sérieusement en jeu. Il en fut ainsi de la sorcière Brunehaut, reine d’Austrasie et rivale de la reine Frédégonde, qui périt dans d’horribles tourments : la vieille reine de plus de soixante-dix ans, accusée d'avoir tué plus de dix rois, fut soumise pendant trois jours aux outrages les plus ignominieux. Puis après avoir été promenée assise nue sur un chameau à travers toute l'armée, elle fut attachée par les cheveux et par un pied à la queue d'un cheval emballé qui lui brisa les os pendant sa course.

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