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Les Petits Potins de L'Histoire

Les Petits Potins de L'Histoire

Bienvenue sur "Petits Potins de L'Histoire" J'espère que vous prendrez plaisir à me lire .... N'hésitez surtout pas à me proposer des idées ou de créer vous même un article, je mettrai en ligne avec plaisir...


Marguerite et le mari jaloux - Conte canadien

Publié par Kitty sur 18 Juillet 2007, 17:59pm

Catégories : #Contes et Légendes

Il était une fois une femme, Marguerite, qui avait épousé Julien, un bossu.

 

Peu de temps après son mariage, elle découvrit que son Julien était jaloux.

 

 Jaloux  que c'en était une maladie.

 

Ce Julien était vendeur de chaussures. Tous les jours, il emplissait sa voiture de boîtes de chaussures pour aller les vendre dans les paroisses avoisinantes.

 

 

 

Mais souvent, après deux ou trois heures d'absence, la jalousie le prenait et il rentrait à la maison pour surprendre sa femme.

 

Un bon matin, il dit à Marguerite :

 

- Ce matin je pars et je te déclare que je ne reviendrai pas avant demain soir.

 

Sa femme, qui ne le croyait pas, lui dit :

 

- Tu feras bien comme de coutume, tu reviendras à la course quand ta jalousie te reprendra.

 

- Pas d'affaire ! Cette fois, je ne reviens pas avant demain soir, répliqua Julien.

 

 

 

Et il s'en va, sa voiture bien chargée de chaussures à vendre.

 

Et à peine a-t-il quitté la place qu'arrivent devant la maison trois bossus...

 

Trois bossus !

 

Marguerite les regarde : ils ont chacun une bosse dans le dos, ils ont l'air affamés, mais plutôt joyeux. Elle se dit que ces bossus sont des infirmes comme son mari.

 

Et l'un d'eux l'interpelle :

 

- Ma bonne dame, vous ne pourriez pas nous donner à manger ? Ça fait longtemps qu'on n'a pas mangé.

 

Prise de pitié pour les trois infortunés, Marguerite répond :

 

- Bien sûr que je vais vous donner à manger. Entrez donc, mon mari est absent.

 

 

 

Et Marguerite leur prépare des crêpes et les trois bossus se régalent en racontant des histoires car, on a beau être bossu, on peut aimer la rigolade.

 

Soudain, Marguerite entend les pas d'un cheval lancé au galop.
C'est Julien qui revient !
-        
Mes amis vous êtes morts ! Voilà mon mari qui rentre ; c'est certain qu'il va vous tuer.

 

 

 

Au fond de la salle il y avait un grand coffre de six pieds de long. Vite, elle l'ouvre et pousse les bossus qui entrent tous les trois dedans. Elle saute sur le couvercle pour bien le fermer et tourne la clef dans la serrure.

 

Et voilà Julien qui entre, les yeux pleins de soupçons. Il ouvre les armoires, fouille la maison, culbute le grand coffre dans une grande fureur. Mais il ne trouve rien.

 

 

 

Il dit alors à sa femme :

 

- Je vois bien que la jalousie ne m'a pas lâché. Mais je vais repartir et je ne reviendrai que demain. Je le promets.

 

Marguerite est tellement bouleversée qu'elle court chez une voisine et oublie les bossus dans le coffre. Quand elle revient, au bout de quelques heures, elle ouvre le coffre et constate que les trois hommes sont morts.

 

- Mon Dieu ! Ils sont morts comme trois clous. Comment est-ce que je vais m'en débarrasser ?

 

Marguerite se dit qu'elle doit faire vite. Qui sait si le Julien ne va pas être repris de sa jalousie ?

 

Elle part au village et engage un charretier pour aller jeter un bossu mort à la rivière.

 

- Deux piastres que ça va vous coûter.

 

- D'accord, dit Marguerite en s'empressant de retourner chez elle pour préparer le chargement.

 

Rendue là, elle tire les bossus hors du coffre. Ils sont raides comme des barres de fer. Elle en prend un et le hisse debout sur la galerie appuyé sur un poteau.

 

Et voilà que le charretier arrive :

 

- Où c'qui est votre bossu ? demande-t-il.

 

- Monsieur, le voici, dit-elle indiquant celui qui est sur la galerie.

 

Le charretier le prend et le hisse dans sa charrette. Arrivé au bord de la rivière, il attrape le bossu, une poigne sur le cou et l'autre par le fond de ses culottes et il le lance dans la rivière. Satisfait, il revire de bord et s'en va chercher sa paye.

 

Pendant ce temps, Marguerite prend le deuxième bossu et le dispose comme l'autre, bien appuyé sur le poteau de la galerie. Quand le charretier arrive, il dit :

 

- Voilà madame. Maintenant, payez-moi.

 

- Comment ça « payez-moi » ! Je vous paierai quand vous aurez fait votre ouvrage !

 

Votre bossu est toujours là.

 

Vous comprenez que le charretier n'est pas de bonne humeur. Il rattrape le maudit bossu et le remet dans sa charrette. Arrivé au bord de la rivière, il le saisit par le fond de culotte et le projette de toutes ses forces au beau milieu de la rivière en criant :

 

- Cette fois, tu ne reviendras pas de là, c'est moi qui te le dis !

 

Et il retourne chez Marguerite et réclame son argent.

 

 

 

Et elle, pendant ce temps, a sorti le troisième bossu et l'a mis à la place des autres.

 

- Deux voyages pour un, sûrement que j'ai gagné ma paye !

 

- Comment, monsieur ? Vous payer ? Faites donc votre ouvrage avant de réclamer vos deux piastres !

 

- Mais j'ai déjà fait deux voyages ! proteste le charretier.

 

- Pourtant, votre bossu est toujours là, dit-elle en désignant le corps piqué droit debout sur la galerie.

 

 

 

Cette fois le charretier est en colère, il attrape le bossu et ne le mène pas poliment. Arrivé à la rivière, il le lance si fort qu'il traverse quasiment le cours d'eau. Le courant l'emporte et le charretier hurle :

 

-         Cette fois, c'est juré que je ne te reverrai plus !

 

 

 

Tandis que ceci se déroule, le Julien, son mari bossu, est repris par sa maladie. D'affreux doutes l'assaillent et il revient donc à la course sans sa voiture vers la maison. Le charretier, sa tâche accomplie, vire sa charrette de bord et que voit-il venir en bas du pont ? Le bossu !

 

- Ah ! s'écrie-t-il, je t'ai tiré par ici, et tu reviens par là ? Bien cette fois tu ne passeras pas !

 

Et comme Julien monte sur le pont, le charretier se plante devant lui, l'attrape et le lance dans la rivière.

 

Et c'est ainsi que le charretier a débarrassé Marguerite non seulement de trois bossus mais aussi de son mari jaloux. Elle s'est empressée de lui donner les deux piastres qu'elle lui avait promises. On peut dire qu'il les avait bien méritées.

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Le chevalier Dauphinois 26/07/2007 18:09

Bonsoir......... quand je vois une prose commençant par "Il était une fois, je suis comme un petit enfant, j'écarte les yeux et je sais que je vais me régaler.  Et ce fut le cas... Merci

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