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Dimanche 2 décembre 2007
publié dans : Le Moyen-âge


Avant même le commerce triangulaire, il existait un important trafic d’esclaves au Moyen Âge dans l’Europe méditerranéenne. Il y avait de véritables réseaux d’importation de captifs. Les victimes en furent essentiellement les « païens » (musulmans et Juifs), ainsi que des chrétiens orthodoxes venus du monde grec et slave.

 

Dès le Xe siècle, en effet les rois saxons capturaient des Slaves en grand nombre. C’est là l’origine du mot « esclave » ; slavus (slave) qui devient sclavus dans le sens de « captif privé de liberté ». A distinguer de servus, qui donnera serf. A cette époque les chrétiens d’Orient étaient considérés comme des ennemis de la chrétienté. La vieille rivalité entre Latins et Grecs se trouvait relancée du fait des besoins en main-d’œuvre dans les villes d’Europe du Sud et dans les plantations de l’Orient méditerranéen. Le besoin s’accrut encore lorsque la Peste noire s’est abattue sur l’Europe à partir de 1348.

 

Les captifs étaient généralement achetés sur des marchés réguliers, avant d’être transportés par voie maritime. Italiens, Catalans et Castillans allaient même jusqu’à acheter des captifs aux Turcs, leurs ennemis. On peut ainsi parler d’une « traite des Bulgares ». L’esclavage des Grecs fut aussi pratiqué sur une grande échelle. Aux tractations commerciales s’ajoutaient les captures occasionnelles réalisées par des chasseurs et marchands d’esclaves catalans, génois et vénitiens, lors d’opérations militaires ou du fait de la piraterie.

 

Cette réduction en esclavage au nom de la christianisation latine fut remise en cause en 1442 avec la proclamation d’une très fragile union entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe. Quant au trafic des Slaves, il disparu en 1453, après la prise de Constantinople par les Turcs. Mais vers 1600 on trouvait encore des esclaves grecs et slaves à Cuba, colonie espagnole. Face à cet essoufflement, vers le milieu du XVe siècle, du trafic en Orient, des marchands génois  choisissent alors de s’orienter vers la traite des Noirs déjà expérimentée en Afrique de l’Ouest par les Espagnols et les Portugais.

 

D’après O. Pétré-Grenouilleau

Pour plus d'information :  Herode.net
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Mercredi 31 octobre 2007
publié dans : Le Moyen-âge
18c-copie-1.gifAu 12ème siècle, la femme idéale doit avoir la taille mince, les jambes longues, la poitrine haute et petite (les femmes qui ont une trop forte poitrine doivent la bander). 

Cette silhouette évolue ensuite pour prendre la forme incurvée d'un S: la tête légèrement inclinée vers l'avant, la poitrine effacée, le ventre et les hanches projetés vers l'avant.

 

 

 

Pour ses fiançailles, la jeune fille reçoit un anneau qu’elle glisse à l’annulaire de sa main gauche, que l’on considère comme relié directement au cœur par une veine.

 

Cette cérémonie ouvre une période de 40 jours, les bans.

 

 



 

Le mariage

 

Le modèle du mariage chrétien est une invention qui date du treizième siècle.  Il s'agit en théorie d'un mariage unique, avec consentement des deux personnes et sans possibilité de divorce. 

 

Les jeunes couples se mariant sans le consentement des parents courent le risque d'être déshérités.

C’est le père qui choisit le conjoint de ses enfants.

Les femmes se marient vers 15 ans, et les hommes vers 30 ans. Il est fréquent que les nobles aient des concubines qui donnent naissance à ce que l'on appellera au onzième siècle des bâtards.

 

Si l'épouse est incapable de donner naissance à un héritier, ces bâtards peuventfemme-med.jpg parfois hériter de leur père.

 

L'épouse en question, stérile ou ne donnant naissance qu'à des filles, peut aussi être répudiée par son mari, ce dernier voulant s'assurer une descendance.

 

L’homme est le maître et la femme est considérée comme une mineure.

 

 

 

 

 

L’enfantement

 

Accoucher, au Moyen Âge, à cause du manque d'hygiène et du peu de moyens dont disposent les sages-femmes, est risqué.

 

Dans les jours précédant « l’enfantement », les parentes, amies et matrones investissent la salle commune. Les sages-femmes (appelées ventrières) font chauffer de l’eau dans une bassine et cuisinent un bouillon pour l’accouchée.

 

On se sert d’une chaise pour accoucher, en position debout ou à genoux, en s’appuyant ou non sur le dossier. Par manque de moyens adaptés, les grossesses difficiles sont souvent condamnées.

 

L’emploi de la césarienne n’est autorisé que sur les femmes mortes.

 

Une fois sorti du ventre de sa mère, le nouveau – né reçoit une tape sur les fesses pour vérifier qu’il est bien vivant. La ventrière lui coupe le cordon en laissant 4 doigts et le noue. Puis l’enfant est lavé.

 

 

 

Chez les gens aisés : on le lave avec du vin ou de l’alcool et on le frotte avec du sel, du miel ou du jaune d’œuf.

 

Chez les gens pauvres : on le frictionne avec de la paille humide et tiède.

 

Pour donner de belles formes, les matrones lui pétrissent le nez, le crâne, les membres et les mamelons (si c’est une fille) au risque de causer des malformations.

 

Le nouveau – né est ensuite emmailloté dans des langes très serrés, car on croit que s’il n’est pas rectifié dans les premiers jours, il aura les jambes et le dos tordus.

 

 

Vers 6 mois, on libère les bras puis, vers 1 an, on dégage ses jambes. On le coiffe d’un bonnet rembourré pour éviter les blessures à la tête. De nombreux nouveaux – nés sont abandonnés souvent à l’entrée d’une église ou devant la porte d’un hôpital. 3 enfants sur 10 ne passent pas la première année soit par manque d’hygiène, soit par maladie.

 

Les bourgeois ont l’habitude de faire appel à une nourrice. C’est une habitude venant du grand nombre de décès lors des couches.

 

La prostitution

Pendant un certain temps, au Moyen Âge, l'Église contrôle la prostitution qui est chose légale.  Habituellement, les prostituées sont des servantes, des filles rejetées par leur famille après un viol ou une grossesse clandestine et celles qui n'ont pu se trouver du travail. Le 11ème et le 13ième siècle furent des époques où l'on fit beaucoup pour les prostituées. 

L'Église considère alors ces femmes non comme des "filles perdues", mais comme des "brebis égarées". 

Elle les autorise à former une corporation avec tous les privilèges qui y sont attachés.  Le pape Innocent III, dans une bulle de 1198, promet même la rémission des péchés aux hommes qui épouseraient une fille de joie...

 

Mais la prostitution ne suffit pas à contrôler les "menaces" pesant sur les jeunes filles et les femmes mariées. La personne ayant commis un viol est punie, mais elle ne l'est pas toujours de la même manière. En effet, si la victime est une religieuse, une femme mariée ou une vierge, l'agresseur peut être pendu pour ce qu'il a fait.

Cependant, s'il s'agit d'une femme d'une humble condition (une servante par exemple), il s'agit alors de verser à la victime ou à sa famille une indemnité. dame.jpg La punition est donc tributaire du statut social de la femme.

 

 

 

 

 

La vie professionnelle de la femme

 

En ville, elles travaillent dans le commerce, dans le secteur du textile et en alimentation. Les industries qui apparaissent comme le prolongement d'activités domestiques leur sont plus ou moins réservées: la boulangerie, la fabrication de la bière (en Angleterre, les femmes ont le monopole de la bière et de l"industrie laitière).

 

En campagne, elles aident leurs époux en aidant à faire la moisson et la fenaison. 

 

Lingères, bonnetières, couturières, tavernières, blanchisseuses sont donc des métiers que les femmes du Moyen Âge ont occupés, mais il ne faut pas pour autant croire qu'elles étaient considérées égales aux hommes.  En effet, les salaires féminins sont très inférieurs à ceux des hommes; le travail à domicile, très courant est particulièrement mal payé.

 

 

 

 

 

Les veuves

 

Une femme veuve peut devenir bénédictine ou dominicaine, mais il faut payer un droit d’entrée. Elle peut choisir de vivre seule, mais risque le viol collectif. Aussi beaucoup se remarient.


Inconnu

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Mercredi 31 octobre 2007
publié dans : Le Moyen-âge

 Ville-au-Moyen-Age---moyen.jpgL'enceinte fortifiée protégeait le bourg. Dominée par le beffroi ou tour de guet et défendue par une garnison, elle était percée par des portes contrôlant les entrées. Pour avoir accès au bourg, il fallait payer une taxe.

La place du grand marché était l'endroit le plus animé de la ville. En fait, il y avait plusieurs marchés qui permettaient aux marchands d'étaler leurs produits: halle aux vins, halle des drapiers, marché au beurre, marché aux herbes, aux harengs...

En raison du coût élevé occasionné par la construction des murailles entourant le bourg, les gens s'entassaient dans la ville. Les maisons y étaient collées, les rues étaient étroites et, comme la majorité des habitations étaient fabriquées en bois, les incendies étaient très fréquents (en l'espace de seulement 25 ans, de 1200 à 1225, Rouen a brûlé six fois). Les gens avaient donc non seulement peur des voleurs, mais ils avaient également peur des incendies.

Autre désavantage des bourgs, le manque d'hygiène. En effet, les bourgs d'autrefois ne possédaient pas d'égouts souterrains et l'eau potable devait être retirée d'un puit souterrain. Il résultait donc de cela de mauvaises conditions d'hygiène. De ceci, les épidémies survenaient et contaminaient rapidement toute la population. Ainsi, de 1348 à 1350, la peste fit ses ravages et tua 25 millions de personnes.

 

ville-copie-1.jpgEn l'année 1348 sévit sur presque toute la surface du globe une telle mortalité, qu'on en a bien rarement connu de semblable. Les vivants pouvaient à peine suffire à enterrer les morts, ou l'évitaient avec horreur. Une terreur si grande s'était emparée de presque tout le monde, qu'à peine une grosseur apparaissait-elle chez quelqu'un, la victime était privée de toute assistance, abandonnée de sa parenté... Et ainsi, beaucoup mouraient... Beaucoup encore... qu'on croyait destinés à en mourir... étaient transportés à la fosse pour être inhumés : aussi un grand nombre furent-ils enterrés vivants... Et cette peste se prolongea... durant deux années de suite...

Chronique de Saint-Denis, 1415.

 

 

La lèpre fit également des ravages énormes à cette époque. Rejetés, les malades de la peste l'étaient tout autant que ceux de la lèpre. Le lépreux devait déambuler dans les rues en signalant son approche par le son d'une crécelle. Craints, redoutés, exclus, les gens atteints de la lèpre vivaient un véritable calvaire.

 

Malgré tous ces inconvénients liés au manque d'hygiène, aux épidémies et aux conditions de vie malsaines, le bourg restait tout de même un attrait pour les habitants du Moyen Âge. En effet, quand on parlait des villes, on pensait à la liberté en raison des chartes, ces documents écrits et signés par le seigneur qui garantissaient la libération de la tutelle du seigneur, du service militaire et des corvées et reconnaissait le droit des bourgeois de voyager et de tenir marché. Maître de sa défense, de sa justice et de son économie, il est facile d'imaginer l'attrait qu'exerçait le bourg libre sur les paysans ainsi que sur les serfs qui pouvaient s'affranchir en passant du monde rural au monde urbain s'ils demeuraient dans la ville durant un an et un jour.

 

Charte de la ville de Saint-Quentin, 11ième siècle:

"Les hommes de cette commune demeureront entièrement libres de leurs personnes et de leurs biens ; ni nous ni aucun autre ne pourrons réclamer d'eux quoi que ce soit, si ce n'est par jugement des échevins dans l'enceinte des murs de la ville. Les hommes de la ville pourront moudre leur blé et cuire leur pain partout où ils voudront. "

 

 

Si la vocation du village restait le travail de la terre, celle de la ville, c'était le commerce. Dans le bourg habitaient deux grandes classes d'individus nommées artisans (fabricants d'objets) et commerçants (personnes responsables des importations et des exportations). La plus grande partie de la population du bourg était constituée d'artisans. Les artisans travaillaient particulièrement dans trois domaines : le textile, l'alimentation et la métallurgie. Ceux qui faisaient partie des grands métiers exportaient leur production par le biais de commerçants tandis que ceux qui faisaient partie des petits métiers vendaient eux-mêmes leurs produits.ville-maison.gif

Pour être artisan, il fallait d'abord faire partie d'une association nommée métier (association qui contrôlait les prix, l'accès au métier, etc.). Devenir artisan ne se faisait pas sans labeur.  En effet, on commençait par être apprenti, c'est-à-dire que, pendant 7 ans, on apprenait le métier, et ce, sans recevoir de salaire. Ensuite, pendant sept ans, on devenait compagnon.

Un compagnon recevait un petit salaire en échange des petites tâches qu'il accomplissait. Finalement, après avoir réalisé un chef-d'œuvre reconnu par les maîtres, on devenait maître - artisan et c'est à ce moment qu'il nous était permis d'engager des apprentis, de vendre les produits et de posséder un atelier.

 Inconnu

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Mardi 18 septembre 2007
publié dans : Le Moyen-âge

L'enterrement a lieu dans l'église choisie avant le décès. Même les gens modestes prévoient le déroulement de leurs funérailles. Ces rites sont respectés. Le clergé profite parfois de l'occasion. Durant l'épidémie de 1418, à Paris, « on enterrait par quatre, six ou huit à chaque messe chantée dont il fallait d'ailleurs marchander le prix, 16 ou 18 sols parisis pour messe chantée, 4 pour messe basse ».

 

 

 

La cérémonie ne met pas fin au devoir des vivants à l'égard des morts. Le clergé rappelle sans cesse que les âmes du purgatoire ont besoin de prières. Si les peines y sont terribles, à en croire les prédicateurs, ce lieu permet au pécheur d'espérer. Avec le purgatoire, l'au-delà intègre la notion de temps. Il n'est donc pas étonnant que s'instaure une « comptabilité de l'au-delà » qui entraîne des exagérations. En Bordelais, le captal (capitaine) de Buch, Jean de Grailly, fonde en 1369 dix-huit chapellenies de lampes perpétuelles et demande la célébration de 50 000 messes. D'où le scandale des indulgences.

 

 

 

L'indulgence, c'est-à-dire la rémission des peines temporelles accordée par l'Eglise sous certaines conditions, apparaît au XIe siècle. Mais, à la fin du Moyen Age, elle connaît de graves dérives - qui font l'objet de vives critiques dès le XIVe siècle - dues notamment à une extension abusive. Le caractère spirituel du sacrement de pénitence est bafoué, sacrifié aux besoins financiers de l'Eglise. Luther, qui s'élève d'abord contre le trafic des indulgences, finit par condamner, en 1517, leur principe même, dans des thèses considérées comme le véritable point de départ de la Réforme.

 

 

 

Il va sans dire qu'il ne suffit pas d'assister à la messe le dimanche et de faire ses Pâques pour être un bon chrétien. Il est tout aussi important de bien vivre. La place nous manque pour étudier l'attitude des chrétiens vis-à-vis de la sexualité, de l'argent ou de la violence. Quelques remarques sur le premier point qui requiert toute l'attention de l'Eglise. Celle-ci n'hésite pas à s'immiscer dans l'intimité du couple.

 

 

 

Elle interdit les rapports sexuels entre époux (les seuls autorisés) à de nombreux moments qui relèvent les uns du temps liturgique, les autres du cycle de la femme (règles, grossesse). Elle n'admet qu'une seule position, à savoir l'homme sur la femme. Bien entendu, elle s'oppose à la contraception et à l'avortement. Le but du mariage est la procréation et la contraception est considérée comme un acte contre nature.

 

 

 

Ces règles ne sont évidemment pas toujours respectées, il s'en faut de beaucoup. Un manuel de confesseur brugeois du XIVe siècle signale : « Aujourd'hui le vice abonde. » Les comptes de Bruges indiquent l'importance des amendes frappant les lieux de débauche très nombreux dans la cité. Mais les textes dont nous disposons sont avant tout d'ordre législatif et judiciaire, et par conséquent s'intéressent avant tout aux délits.

 

 

 

Qu'en est-il sur le plan strictement religieux ? L'observance est majoritaire, les fidèles pratiquent dans une très forte proportion mais négligent souvent les prescriptions canoniques. En outre, à la fin du Moyen Age, l'excommunication est fréquemment prononcée - souvent pour des motifs futiles - ce qui n'arrange pas les choses.

 

 

 

Ceux qui assistent à la messe ne se comportent pas toujours de façon convenable. Au cours de l'office, durant le sermon, il n'est pas rare de voir des hommes sortir pour aller à la taverne, puis revenir. Le fait que la consécration apparaisse comme le moment essentiel engendre des superstitions. Certains croient que voir le corps du Christ le matin préserve de la mort subite au cours de la journée. Ce qui explique que l'on se précipite dans l'église lors au moment crucial pour en ressortir ensuite. Si l'on peut noter de nombreuses négligences, les cas d'opposition déclarée sont rares.

 

 

 

Mais ces attitudes sont-elles sincères ? Il existe maints égarements du sentiment religieux : superstitions, goût du merveilleux et de l'atroce à la fin du Moyen Age, hérésies. L'incroyance se manifeste dans tous les milieux, chez les nobles mais aussi parmi les gens du peuple.

 

 

 

Les registres d'inquisition de Jacques Fournier permettent de constater que des paysans, au début du XIVe siècle, ne croient pas en l'éternité du monde, tel Arnaud de Savignan, maçon cultivé. « J'ai entendu dire de beaucoup de gens, habitants du Sabarthès, que le monde avait toujours existé et qu'il existerait toujours dans l'avenir. » Jaquette den Carot, simple femme d'Ax, refuse l'au-delà et montre un profond scepticisme à l'égard du dogme de la résurrection. « Retrouver nos père et mère dans l'autre monde ? Récupérer nos os et notre chair, par la résurrection ? Allons donc ! » Toutefois, ainsi que l'écrit Jacques Le Goff, « il ne faut pas imaginer une implacable domestication du peuple par les élites cléricales. Rien n'aurait fonctionné sans un certain consentement. »

 

 

 

Il est bien évident, en tout cas, que contrairement à notre époque, c'est la religion qui structure la vie de l'homme médiéval.

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Lundi 17 septembre 2007
publié dans : Le Moyen-âge

Le pape Grégoire VII recommande la dévotion mariale à la reine Adélaïde de Hongrie. Il écrit à la comtesse Mathilde de Toscane que cette dévotion constitue, avec la communion fréquente, le meilleur soutien de la foi. Marie apparaît tout au long des XIVe et XVe siècles comme la Vierge miséricordieuse qui intercède auprès de son Fils pour les pauvres pécheurs. Le thème de la Vierge au manteau - ce vêtement, dès le début du XVe siècle, lui permet d'abriter la chrétienté tout entière - montre la confiance placée en elle.

 

 

 

Le culte des saints et des reliques est fort développé durant tout long du Moyen Age. Alors que la sainteté au cours des premiers siècles est essentiellement cléricale et monastique, celle des laïcs apparaît à partir des XIIe-XIIIe siècles. Le culte des saints est lié à la liturgie lorsqu'ils sont inscrits dans un calendrier et que des textes relatifs à leur vie et à leurs miracles sont lus pendant les offices. Mais c'est aussi celui de leurs reliques, lorsque celles-ci reposent dans un lieu précis. Par l'intercession des saints dont ils vénèrent les ossements, les fidèles espèrent voir se réaliser leurs désirs, en particulier les guérisons.

 

 

 

Des reliquaires sont construits de façon à « voir », surtout à la fin du Moyen Age où se multiplient les ostensions. L'auteur du Journal d'un bourgeois de Paris qui relate les événements survenus dans la capitale au cours de la première moitié du XVe siècle, mentionne des processions qui durent trois jours.

 

 

 

Le mérite est bien plus grand lorsque le chrétien se rend en pèlerinage pour vénérer des reliques. A partir du XIe siècle s'exprime de façon intense le désir de mettre ses pas dans ceux du Christ. Sa puissance, pense-t-on, se manifeste davantage là où il a vécu. Aussi la ville de Jérusalem devient-elle la destination principale des pèlerins. Avec Jérusalem, Rome et Saint-Jacques-de-Compostelle l'emportent sur tous les autres lieux, nombreux, de pèlerinage.

 

 

 

Les romées ne viennent pas seulement prier sur les tombeaux de saints Pierre et Paul mais pensent aussi à tous les autres martyrs qui reposent dans les églises et les cimetières romains.

 

Les jubilés organisés par les papes attirent les foules. En particulier celui de 1300, dû à Boniface VIII, connaît un succès immense. Rémission complète des péchés est accordée à tout Romain qui, pendant trente jours consécutifs, se rend dans les églises des apôtres Pierre et Paul et à tout étranger non Romain qui fait de même durant quinze jours, à condition de s'être confessé auparavant. Selon le chroniqueur florentin Giovanni Villani, la cité reçoit cette année-là 200 000 pèlerins. Le voyage à Compostelle s'esquisse au IXe siècle. L'apogée se situe de la fin du XIe siècle à celle du XIIe. Mais bien des pèlerins portent encore le coquillage aux siècles suivants.

 

 

 

Le pèlerinage peut être une sanction. En 1410, trois personnages qui ont fait battre à mort par leurs valets un nommé Jean Mérigeau doivent, pour obtenir le pardon, aller au Mont-Saint-Michel et payer une amende. D'autre part, il existe, surtout à la fin du XVe siècle, des pèlerins professionnels qui accomplissent pour autrui, contre rétribution, cette marque de dévotion.

 

 

 

Des motivations pieuses ont amené certains fidèles à se regrouper au sein de confréries. Par exemple, pour honorer un saint ou un mystère de la vie de Notre Dame ou du Christ. A Rome se fonde ainsi, au début du XIVe siècle, la compagnie du Saint-Sauveur autour du culte de l'image du Sauveur conservée dans la chapelle du Latran.

 

 

 

L'édification, l'entretien de lieux de culte entraînent aussi la fondation de nombreuses confréries. Toutefois, la création de ces compagnies fraternelles peut provenir du désir de défendre les intérêts d'une communauté d'habitants. Il s'agit alors de renforcer la solidarité qui unit les fidèles dans leur recherche du salut.

 

 

 

Certains d'entre eux, insatisfaits de l'encadrement officiel de l'Eglise, recherchent dans ces sociétés un supplément de vie liturgique et, dans une moindre mesure, un moyen pour mieux vivre leur foi. Au cours des deux derniers siècles du Moyen Age, les confréries prolifèrent dans tout l'Occident, aussi bien dans les villes que dans les campagnes. Une de leurs principales préoccupations consiste en l'organisation de funérailles décentes pour les confrères.

 

 

 

A la veille de la peste noire de 1348, l'empreinte de la religion chrétienne n'a pas occulté tous les éléments des systèmes précédents. La bonne mort est celle qui est assumée, qui ne survient pas à l'improviste : le chrétien doit avoir le temps de se confesser et de recevoir l'absolution. Après la veillée funèbre où la communauté joue un rôle important, a lieu l'ensevelissement. Dans nombre de régions, l'inhumation sur les terres familiales est courante.

 

 

 

Si le cimetière est l'endroit habituel où sont enterrés les morts, c'est un espace qui échappe au contrôle de l'Eglise. Un cortège accompagne le défunt à sa dernière demeure. De la veillée au cortège, peu de place est laissée au prêtre qui n'est pas toujours présent lors de l'inhumation. On comprend dès lors les efforts du clergé pour que le corps du défunt soit amené à l'église et veillé comme il convient. Certes, le problème ne se pose pas pour les moines, les dévots. Mais, le plus souvent, le prêtre se borne à accompagner l'enterrement, après un passage par l'église pour l'office des morts dont les plus anciens témoignages ne datent que du IXe siècle. Suit le banquet funèbre.

 

 

 

Avec les malheurs du temps, en particulier les épidémies qui frappent tout l'Occident durant un siècle, se manifeste un nouvel état d'esprit, marqué par l'obsession du Jugement dernier, de l'enfer, de la mort, de l'action du diable sur cette terre. La dévotion au Christ Sauveur devient fondamentale, éclipsant, voire effaçant presque, le culte du Père et du Saint Esprit. La messe constitue surtout la représentation du calvaire. La vie prend un caractère tragique. La peur de la mort se double d'un réalisme affreux - que l'on pense à la danse macabre !

 

 

 

La mort se christianise de plus en plus. Après le décès, il faut songer aux obsèques. Quand il s'agit d'un défunt illustre, le cadavre subit toute une préparation car le corps reste exposé plusieurs jours et les organes peuvent être enterrés en divers lieux. Le faste préside à la parade mortuaire. La messe rassemble une foule importante.

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Dimanche 16 septembre 2007
publié dans : Le Moyen-âge

Le mariage est indissoluble. Le divorce au sens actuel du terme n'existe donc pas. Seule la mort met fin à l'union. Toutefois, l'annulation peut être prononcée dans certains cas, lorsque les époux sont parents à un degré prohibé - les interdictions de parenté sont très étendues - ou que l'homme se montre incapable de remplir le devoir conjugal.

 

 

 

La crainte de subir des tourments éternels est telle que la mort est rarement affrontée sans que l'on ait pris soin de se mettre auparavant en règle avec l'Eglise. Il convient donc de se confesser avant de mourir, voire en cas de risques graves, lors d'un accouchement par exemple. En revanche, la communion n'est pas obligatoire. Refuser les derniers sacrements est extrêmement rare, car une telle attitude entraîne l'interdiction d'être enterré en terre bénie et la relégation hors du cimetière comme un animal. Il a fallu une campagne d'opinion menée par Philippe de Mézières à la fin du XIVe siècle pour que cette peine supplémentaire (le refus des derniers sacrements) ne soit plus infligée aux condamnés à mort.

 

 

 

Le dimanche, tout chrétien doit s'abstenir des oeuvres serviles et assister à la messe - obligation formulée par le concile de Latran de 1215. Il en va de même pour les différentes fêtes. Cette messe doit être entendue dans la paroisse, à partir de l'âge de discrétion (ou de raison), aux environs de 7 à 10 ans. Il s'agit normalement de la grand-messe, à laquelle doit assister au moins un membre de la famille ; c'est alors que sont faites les publications, en particulier les bans de mariage.

 

 

 

« Entendre la messe » doit être pris dans son sens littéral, car les fidèles ne participent pas activement. La consécration constitue toujours le moment essentiel de l'office. C'est au XIIe siècle qu'apparaît le rite de l'élévation afin que les fidèles puissent vénérer l'hostie cachée par le prêtre, puisqu'il célèbre la messe le dos tourné à l'assemblée. La messe est en quelque sorte interrompue pour que chacun adore personnellement le Saint Sacrement au lieu de s'unir au sacrifice de l'Eglise.  Il n'est donc pas surprenant que des prêtres élèvent très longuement l'hostie. La communion souffre de cette attention excessive portée à l'élévation.

 

 

 

Sans qu'il y ait obligation formelle, l'usage se répand à la fin du Moyen Age chez les simples fidèles d'assister quotidiennement à la messe. Le chevalier de La Tour Landry, auteur d'un ouvrage rédigé à la fin du XIVe siècle et destiné à l'éducation de ses filles, critique la chrétienne qui se « contente d'entendre une messe basse et de dépêcher un ou deux Pater ».

 

 

 

Inversement, certains s'abstiennent d'assister à la messe dominicale. Dans quelle proportion ? Si les statuts synodaux rappellent fréquemment cette obligation, c'est qu'elle n'est guère suivie. On a essayé pour la Flandre d'avoir une idée des présences à l'aide du produit des quêtes, mais en raison de la disparité des dons, le résultat est aléatoire. Disons seulement que la pratique est variable mais que les églises se remplissent particulièrement lors des épidémies, par exemple en 1348 en France au moment où arrive la peste noire.

 

 

 

L'année liturgique commence avec l'avent, période de quatre semaines qui précède Noël, et temps de pénitence comme le carême. Elle est rythmée par les fêtes chrétiennes de Noël, de Pâques et de la Pentecôte. C'est à saint François d'Assise que l'on doit la crèche car, en 1223, il célèbre la messe de Noël sur une mangeoire. On a amené un nouveau-né, ainsi qu'un âne et un boeuf.

 

 

 

Pâques, fête de la Résurrection du Christ, constitue la principale fête chrétienne. Tout fidèle doit alors se confesser et communier. La pratique de la confession évolue au cours des siècles. De la période carolingienne jusqu'au XIIe siècle, il y a deux manières de faire pénitence : pénitence publique pour les fautes graves publiques et pénitence tarifée pour les fautes graves occultes. La pénitence tarifée - selon le mode insulaire né dans les monastères celtes et anglo-saxons (Irlande et Bretagne), le pécheur va trouver son confesseur, avoue ses fautes, se voit imposer une pénitence, revient pour recevoir l'absolution après avoir accompli cette pénitence - est à l'origine de la pénitence sacramentelle en usage dans l'Eglise latine.

 

 

 

A partir du XIIIe siècle, triomphe un système tripartite : la pénitence publique solennelle dont l'administration est réservée à l'évêque ; la pénitence publique non solennelle, à savoir le pèlerinage pénitentiel, que tout curé peut imposer ; enfin, la pénitence privée sacramentelle due pour les péchés occultes de toutes natures. C'est cette dernière qui est en vigueur à notre époque. Le concile de Latran IV en 1215 impose la confession et la communion annuelles : l'on fixe ainsi un minimum. Attiédissement de la religion ou scrupule ?

 

 

 

Le chrétien doit se confesser au curé de sa paroisse, sinon il risque l'excommunication et le refus d'une sépulture religieuse en cas de décès. Cette pratique concerne tous les chrétiens dès l'âge de discrétion. Il ne semble pas que la confession annuelle ait été strictement observée. En tout cas, beaucoup de chrétiens semblent se limiter à elle. D'autres, plus scrupuleux, recourent plus souvent au sacrement de pénitence. Lors du procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc, l'un de ses parrains dit « qu'il vit ladite Jeannette se confesser à Pâques et aux autres fêtes solennelles ». Messire Henri Arnolin, prêtre, « dit qu'elle se confessait volontiers et souvent ».

 

 

 

La communion pascale constitue un élément essentiel de la pratique religieuse. Généralement c'est entre les Rameaux et Pâques qu'elle a lieu, et ceci dès l'âge de discrétion. Là encore les fidèles semblent se limiter au strict minimum.

 

 

 

Il existe aussi des pratiques facultatives. Le Christ s'est intéressé avant tout aux plus pauvres. Aussi la charité est-elle une vertu que le chrétien se doit de pratiquer. Ses dons compensent en quelque sorte ses péchés et lui acquièrent des mérites. De sorte que les riches, et particulièrement les hommes d'affaires qui pour s'enrichir ont eu recours à des procédés condamnés par l'Eglise, font des donations parfois importantes sur leur lit de mort.

 

 

 

Francesco di Marco Datini, riche marchand de Prato (Toscane) connu pour son esprit de lucre, lègue sa fortune et sa demeure à l'hôpital qu'il établit pour les pauvres de sa ville, à condition toutefois que cet établissement conserve ses archives à perpétuité. Le testament en date du 20 août 1409 de Jeanne la Héronne, marchande de poisson, contient de nombreux legs pieux et charitables, qui ne semblent laisser qu'une portion congrue à sa famille, auxquels elle ajoute un codicille deux ans plus tard pour y apporter quelques modifications : organisation de ses obsèques et prières pour le repos de son âme, dons charitables à des églises, des malades, des filles à marier, de pauvres veuves.

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Samedi 15 septembre 2007
publié dans : Le Moyen-âge

Quand l'existence terrestre est destinée à préparer la vie éternelle, point de salut hors de l'Eglise. Baptême, mariage, communion, la vie des chrétiens au Moyen Age est ponctuée de sacrements. Une pratique religieuse qui se codifie, même si la superstition et le goût du merveilleux ne disparaissent pas.

 

 

 

La paroisse est le lieu privilégié de la pratique religieuse, la cellule de base définie par une église à laquelle est associé le cimetière. Le nombre des paroisses, déjà fort important, s'accroît, le défrichement de nouvelles terres et l'augmentation de la population urbaine exigeant sans cesse de nouvelles créations.

 

 

 

Comme la population de chaque paroisse est peu importante, un seul prêtre peut suffire au souci des âmes. Toutefois, le clergé est alors fort nombreux : les visites épiscopales indiquent que le curé ou le desservant est assisté de plusieurs prêtres, sans compter les clercs d'ordre inférieur.

 

 

 

Des laïcs composent le conseil de la fabrique qui veille au bon entretien de l'église en tant que bâtiment. Un conseil des paroissiens est mentionné dans les textes dès le début du XIIIe siècle. Mais c'est au siècle suivant que la fabrique acquiert la personnalité civile. Ses membres, les marguilliers (de matricularius , teneur de registre) sont généralement deux ou trois dans les paroisses rurales, quatre dans les villes. D'abord nommés par le clergé, ils sont ensuite élus.

 

 

 

La pratique religieuse présente des caractères complexes. En effet, « elle est à la fois individuelle et sociale, formelle et intérieure, légale et facultative, réglée et spontanée », selon les termes de l'historien Michel Mollat. C'est sur les genoux de sa mère que l'enfant apprend les prières obligatoires, à savoir le Notre Père , le Je crois en Dieu et le Je Vous salue Marie .

 

 

 

En effet, il n'existe pas de catéchisme, tout au moins jusqu'à Gerson, chancelier de l'Université de Paris au début du XVe siècle, qui écrit pour les enfants de choeur de Notre-Dame un traité où il se révèle comme un initiateur puisqu'il indique comment doit se faire leur instruction religieuse : les épîtres et les évangiles seront exposés en langue vulgaire, des sermons spéciaux leur seront destinés.

 

 

 

La prédication est d'ailleurs l'une des sources importantes de l'enseignement de la religion pour les adultes. Il existe des traités destinés aux prédicateurs, et ceux-ci ont recours à divers procédés pour capter et retenir l'attention des auditeurs. Il est recommandé d'insérer dans les sermons des exempla , c'est-à-dire des anecdotes susceptibles, selon Jacques de Vitry, de « les réveiller tous et de les rendre à nouveau prêts à écouter ».

 

 

 

La confession permet aussi au prêtre d'indiquer quelle doit être la conduite du pénitent. L'accent mis sur cette pratique conduit tout naturellement à la direction spirituelle. Ainsi, saint Antonin consacre-t-il une partie de son activité à la formation morale des dames de l'aristocratie florentine.

 

 

 

Le peuple, qui ne sait pas lire, contemple lors des cérémonies religieuses les vitraux, les sculptures qui ornent les églises et de ce fait, acquiert une certaine connaissance des événements rapportés dans la Bible. Des moments exceptionnels, vers la fin du Moyen Age, tels que la représentation des mystères ou les grandes missions populaires - celles de saint Vincent Ferrier au début du XVe siècle sont célèbres - apportent des compléments.

 

 

 

Trois moments essentiels jalonnent l'existence du laïc : l'entrée dans la communauté des chrétiens, le mariage et... la mort. A chacun d'eux correspond un sacrement. La définition des sacrements a été donnée par saint Augustin : il s'agit de signes visibles de la grâce invisible. Au XIIe siècle, le canoniste Pierre Lombard privilégie sept sacrements : baptême, confirmation, eucharistie, mariage, sacerdoce, pénitence et onction des malades. Mais c'est en 1547 que le concile de Trente fixe définitivement leur nombre à sept.

 

 

 

Le baptême qui efface le péché originel concerne pratiquement tous les jeunes enfants. Pour des raisons religieuses, certes : les non-baptisés ne peuvent aller au paradis. C'est pourquoi il faut procéder au baptême dès que possible, la mortalité à la naissance étant très importante. La mère ne peut donc normalement pas y assister.

 

 

 

Lorsqu'au XIIe siècle, des conciles donnent des directives en faveur de la césarienne, ils pensent avant tout au baptême du nouveau-né. A la fin du Moyen Age, les suppliantes qui se sont rendues coupables d'infanticide et sollicitent une lettre de rémission, c'est-à-dire demandent au roi leur grâce, donnent fréquemment comme circonstance atténuante le fait d'avoir baptisé leur enfant avant de le tuer.

 

 

 

Plusieurs parrains et plusieurs marraines sont témoins de l'événement, témoins précieux à une époque où les registres de catholicité n'existent pratiquement pas - il faut attendre le XVIe siècle.

 

 

 

Le procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc permet de le constater. Au XIVe siècle, s'établit l'usage du baptême par infusion qui se substitue au baptême par immersion : on verse de l'eau sur la tête du bébé au lieu de le tremper dedans. Le baptême a aussi une fonction d'insertion communautaire. En effet, dans maintes circonstances, par exemple lorsque l'on souhaite se marier, occuper certaines fonctions. il faut en apporter la preuve écrite ou testimoniale.

 

 

 

Le mariage, seul moyen légitime permettant d'engendrer de nouveaux chrétiens, a lui aussi une valeur sociale très importante. Comme ce sont les époux qui se donnent le sacrement, la présence d'un prêtre en principe n'est pas indispensable. Mais une lente évolution aboutit, à l'époque de la réforme grégorienne, à la mainmise de l'Eglise sur la législation matrimoniale.

 

 

 

Les bans doivent être publiés plusieurs dimanches consécutifs. La cérémonie doit se dérouler dans l'église paroissiale de l'un des conjoints devant des témoins, et à une heure convenable.

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Lundi 13 août 2007
publié dans : Le Moyen-âge

Universite-au-Moyen-Age.gifLe terme « université » vient à la fois du latin juridique « universitas » signifiant « communauté » et du latin classique « universus » signifiant « totalité ». L'université désignait au Moyen-Âge chacune des institutions ecclésiastiques d'enseignement secondaire et supérieur, nées de la fusion des écoles cathédrales. Ces institutions ecclésiastiques jouissaient de privilèges royaux et pontificaux. Les premières universités apparaissent en Europe à Bologne, Italie et à Paris, France. Une polémique, ancienne s'inquiète de savoir qui de Bologne ou de Paris peut se prévaloir du droit d'aînesse. En fait, toute la difficulté pour les historiens consiste à définir L’émergence réelle du concept d'université. A la suite de Bologne et de Paris, de nombreuses villes d'Europe verront naître en leur sein des universités dont le prestige et la renommée se seront développés et renforcés au fil des siècles pour constituer aujourd'hui ces grandes institutions qui auront inspiré les universités du nouveau monde ainsi que celles d'Asie et d'Afrique.

 


 

Une lecture attentive du document portant création en 1257 à Paris, par Saint-Louis avec le soutien du Pape, d'un collège royal sur l’initiative de Robert de Sorbon, théologien et chanoine de Paris, montre à l'évidence qu'il s'agissait bien d'un contrat passé entre le pouvoir royal et l'institution nouvellement créée qui deviendra ensuite la Sorbonne en hommage à Robert de Sorbon. La mission du collège royal était pour l'essentiel l'enseignement de la théologie. De surcroît, la Sorbonne fit office de tribunal ecclésiastique jusqu'au 18ème siècle. Il apparaît ainsi à la lecture de ce document que les responsabilités initiales de la « nouvelle université » étaient de former une élite en soutien du pouvoir royal et des dogmes religieux établis.Universite-au-Moyen-Age.jpg

 


 

En échange, le roi garantissait aux enseignants (pour la plupart) des ecclésiastiques, des privilèges qu'il serait ridicule de qualifier au moyen des termes actuels d'autonomie ou de liberté académique. La tutelle du pouvoir royal et du pouvoir religieux était quasiment absolue. L'université de Paris était d'ailleurs appelée au Moven-Âge la « fille aînée des rois de France », par analogie avec la France, « fille aînée de l’Église ».

 


 

Cependant sur l’initiative d'universitaires éclairés, conscients du caractère plus large de leur mission et de leur responsabilité, se développèrent à travers toute l'Europe des enseignements moins officiels destinés à l'édification d'une jeunesse, certes restreinte et privilégiée mais ferment d'un progrès social et culturel qui mettra plusieurs siècles à s’affiner. L'Europe vit alors se développer un nouveau flux migratoire, celui des enseignants et des étudiants. Grâce à une langue universitaire commune, le latin, les échanges et la mobilité universitaires étaient facilités. Les enseignants et les étudiants, malgré des voyages difficiles et périlleux, n'hésitaient pas à se déplacer et les formations et les diplômes étaient pour l'essentiel reconnus d'une université à l'autre. Le concept de « nation » apparaît même à cette époque et désignait un groupe d'étudiants originaires d'une même région et qui se regroupaient afin de se soutenir mutuellement et de conserver les traditions, les coutumes et la langue de leur région d'origine.

 


 

Universite-au-Moyen-Age.jpgAinsi dès les débuts, apparaissent les concepts de mobilité académique, de reconnaissance des formations et de diplômes, et surtout celui d'échange et de coopération. En revanche les privilèges universitaires n'étaient garantis qu'à la condition qu'aucune contestation du pouvoir établi ne naisse à l'intérieur des universités et que les connaissances ne viennent en aucune manière contester les dogmes de l'Église catholique romaine.

 


 

De plus, les métiers ne s'enseignaient pas à l'université mais en dehors par le moyen de l'apprentissage ou du compagnonnage pour ce qui concerne l'artisanat et la plupart des métiers de l'époque. Enfin la recherche universitaire était pratiquement inexistante voire interdite en ce qu'elle pouvait constituer une menace pour les dogmes établis. Il s'agissait plutôt de conserver et d'approfondir les savoirs officiellement reconnus.

 


Jean-Pierre Aubin et Georges Haddad


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Lundi 30 juillet 2007
publié dans : Le Moyen-âge

croisade.jpg
Pourquoi un jour autant de monde s'est dirigé vers un lieu: Jérusalem? Pourquoi pauvres comme les riches ont brodé la croix rouge sur leur habit? Pourquoi sont-ils partis mourir dans un pays qui n'était pas le leur ?

Les raisons sont multiples mais certaines semblent plus plausibles :


L'une des raisons premières est la religion. En effet, dans un Moyen-Age qui bouge, qui voyage déjà, les pèlerinages occupent une place très importante dans la vie de tous. Il peut s'agir des locaux ou des très importants comme St-Jacques de Compostelle, Rome, Jérusalem puis plus tard Lourdes.

 

Or, dans le début du 11e siècle, le pèlerinage de Jérusalem est menacé. Le sultan al Hakim en 1009 détruit l'église du Saint-Sépulcre (elle est reconstruite plus tard mais l'acte marque les mémoires). Les pèlerins rencontrent de plus en plus de difficultés et doivent subir souvent beaucoup de tourments pour pouvoir accomplir leurs dévotions.


L'autre raison principale est la demande par l'empereur Alexis Comnénes au pape Urbain II. Celui-ci désire l'envoi de mercenaires occidentaux. En effet, la chevalerie franque est la meilleure force combattante de l'époque et il était dans les habitudes de l'Empire byzantin d'y faire appel en cas de conflit majeur. Or, dans les années 1090, le recul de l'Empire est terminé.

 

Ses frontières sont stables et l'empereur aimerait reprendre les territoires d'Asie mineure qu'il a perdu et notamment Antioche, tombée aux mains des turcs en 1085. Il écrit donc une lettre adressée au descendant de Saint-Pierre pour obtenir des forces et ainsi récupérer les territoires qu'il a conquis.

Voilà les deux grandes raisons qui ont poussé Urbain II à prêcher la croisade. Il était aussi un adepte du rapprochement entre l'Eglise latine et l'Eglise byzantine. En prenant Jérusalem aux turcs, il mettrait en exergue la force de Rome et serait dominant dans des discussions futures.


Mais qu'est ce qui a poussé le prêtre, le seigneur bien installé, le mendiant ou le serf a tout quitter pour partir à pied vers un endroit qu'il ne connaît pas?

L'an Mil est le siècle de l'Apocalypse. On a cru que la fin du monde était pour ce moment-là et cet esprit est encore très présent. Si elle n'est pas encore venue, elle ne saurait tarder. La population est persuadée que lorsqu'ils prendront Jérusalem, l'Apocalypse commencera et ils seront sauvés. Le rêve de tous: mourir dans la Jérusalem terrestre pour gagner la Jérusalem céleste… comme le Christ. Aller délivrer le Saint-Sépulcre est un moyen de salut. C'est pour cela que des gens non armées (femmes, prêtres, enfants…) sont partis aussi.

Beaucoup de cadets des familles nobles sont partis pour s'enrichir et gagner des terres. C'est surtout le cas des armées normandes. D'autres obéissent à leur roi ou leur suzerain. C'est pour cela que Hugues de Vermandois, frère du roi de France, part un peu contre son gré.

Il est vrai aussi que des chevaliers partent pour le combat. En effet, la Trêve de Dieu limite grandement leur esprit belliqueux et ils veulent trouver de nouveaux défis. Il paraît que le combattant turc est un bon guerrier.

L'Orient est inconnu. C'est donc une terre de mystères et les gens du peuple pensent y connaître vie différente de celle qu'ils connaissent. Pas forcément meilleure car le serf au Moyen-Age n'est pas l'image que l'on en donne. Il n'est par exemple pas corvéable à merci.

Il existe aussi en cette fin du XIe siècle, un trop-plein de monde. En fait, l'Europe Occidentale est trop peuplée pour ses terres. Ceci entraîne des problèmes économiques et c'est aussi ce trop-plein de population qui part vers Jérusalem.


En conclusion, je dirai que les raisons qui ont poussé les gens à partir, le pape à prêcher sont multiples et variées. Je n'ai évidemment évoqué ici que les plus importantes. Mais, remarquez que je n'ai pas parlé d'une attaque de la religion musulmane pour la simple raison que ce n'est pas le cas. Musulmans et chrétiens ne se connaissent pas. Il faut attendre Cluny et deux siècles plus tard pour que le Coran soit enfin traduit en latin… et puis après la première croisade plus aucune n'avait un but réellement religieux, peut-être les deux de Saint Louis mais il est considéré souvent comme le roi qui n'avait pas toujours tout bien compris.