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Dimanche 5 août 2007
publié dans : Le Portugal - Un peu de Tout

 

La-Corrida-Portugaise-1.jpgJe sais !  
Vous allez directement dire :
« Quel truc de barbares », « Comment est-ce possible de faire souffrir ainsi une bête innocente ». Aujourd’hui, au 21ème siècle, en Europe, comment peut-on encore permettre une telle boucherie. C’est proprement honteux !

La-Corrida-Portugaise-2.jpg
Essayons un instant de voir les choses autrement. Sachons avant tout de quoi on parle.
Tout d’abord, les images que nous connaissons le mieux sont celles des corridas espagnoles, pays où l’attitude vis-à-vis du taureau est totalement différente de la vision portugaise.
En Espagne, tout d’abord un « Picador » entre en scène avec le seul but d’affaiblir le taureau, le faire saigner d’une façon absolument scandaleuse et insupportable pour quiconque aime cet animal fier et altier.
Puis, pendant tout le « combat », on ne cesse de l’amoindrir, de l’humilier, pour finalement le mettre à mort et terminer en exhibant ses oreilles et sa queue qu’on a coupés pour en faire de ridicules trophées.
Là, on peut véritablement parler de barbarie. Il n’y a pas un portugais qui y souscrive à ces pratiques.
 
La-Corrida-Portugaise-3.jpgLa Corrida Portugaise à l’Ancienne est aux antipodes de ces procédés dignes d’un autre âge.
Avant tout, et pas des moindres, il n’y a pas de mise à mort. Le taureau quitte l’arène par ses propres moyens, pour prendre une retraite méritée après une seule et unique Corrida.
En fonction de sa bravoure dans l’arène il sera considéré comme un bon reproducteur, ou un reproducteur d’exception digne des meilleures génisses de l’élevage. 

Les « afficionados » portugais sont un public de connaisseurs avertis et exigeants, n’hésitant pas un seul instant à siffler copieusement ce qu’ils considèreraient mal fait. Ils viennent en famille admirer un duel subtil entre un torero à cheval et le taureau, dans les règles précises d’un véritable art, pas une « boucherie ».
La-Corrida-Portugaise-7.jpgLe torero qui a intérêt à démontrer un profond respect pour l’adversaire, de bien le connaître, mais surtout posséder des chevaux habitués aux taureaux, élevés parmi eux. Le défit est principalement l’œuvre des deux animaux qui tout à tour se mesurent, se provoquent, s’appellent et s’affrontent.
Le cavalier est un partenaire, comme les deux autres, qui a comme fonction principale le placement des animaux dans les meilleures diagonales.
Les fers qu’il place doivent être impérativement mis dans des conditions d’attaque du taureau très précises, mais surtout exclusivement dans la poche de graisse dans la partie supérieure du cou.
Un fer mal placé sera copieusement conspué par le public qui n’hésitera pas à montrer la porte de sortie au cavalier maladroit.
La-Corrida-Portugaise-4.jpgPar contre, un combat dans les règles de l’art sera accompagné par la musique de l’orchestre, ce qui a pour conséquence de déclencher chez le cheval une attitude de véritable ballet, cadencé au rythme de la musique, avec des mouvements proches de la haute école de cavalerie.La-Corrida-Portugaise-5.jpg
Le cheval tour à tour frôle le taureau de sa croupe, agite sa queue devant lui, puis lui fait face et l’appelle par des mouvements des membres antérieures. Il le provoque, fonçant vers lui en feignant une direction pour finalement tournoyer en dernière minute à quelques centimètres de ses cornes. Cela donne un ballet incomparable qui n’a rien à voir avec la « boucherie » espagnole.
Pour finir, le cavalier quitte l’arène, plus ou moins applaudi et un son de trompette appelle les « forcados ».
Les « forcados » sont un groupe de généralement 7 hommes, dont la vaillance n’a d’égal que leur courage, et qui vont affronter le taureau à mains nues.La-Corrida-Portugaise-8.jpg
Comme Ulysse dans l’antiquité, l’homme de tête, en avant d’une dizaine de mètres sur ses compagnons alignés derrière lui, défie le taureau. Il avance vers lui en criant « hey, joli taureau » les bras sur les hanches, attirant d’abord son attention, le fixant ensuite, attendant alors la charge.
Six ou sept cent kilos de muscle en marche, courant vers vous dans la ferme intention d’envoyer en l’air ce ridicule petit bonhomme présomptueux, est un moment d’une rare intensité.La-Corrida-Portugaise-10.jpg
L’homme se jette sur sa tête, referme ses bras autour de son coup, et pendant l’espace des dix mètres qui le sépare de ses compagnons s’applique à ne pas être éjecté.
Lorsqu’enfin tous les hommes tentent d’immobiliser le taureau, s’engage une lutte entre deux paquets de muscles. Sept hommes, généralement représentant une demi tonne, contre 100 ou 200 kilos de plus, bien décidé à remettre à leur place ces minuscules humains.La-Corrida-Portugaise-9.jpg
Un vrai moment d’émotion.
 
Alors on peut être des fervents amateurs ou des détracteurs inconditionnels, mais de grâce parlons en connaissance de cause, pas sur des clichés préconçus.
 
Si vous avez un jour la possibilité, surmontez vos à priori et allez vivre cette expérience sur place.
Vivez l’ambiance, appréciez les costumes d’époque, les lumières et la musique, laissez-vous envoûter par un duel bien plus respectueux de l’animal que vous ne l’imaginez.
Soyez sûrs que ceux qui ne respectent pas ces règles n’ont aucune place ni dans les gradins et encore moins dans l’arène. D’ailleurs, celui qui ne respecte pas le taureau, qui ne l’aime pas, le paye le plus souvent comptant et dans chair. Et c’est bien fait pour lui, ils n’a aucune place dans le monde de la tauromachie portugaise. Et c’est tant mieux.
 
Après avoir vécu un jour cela, mais seulement alors, vous aurez absolument le droit de dire.
« Quel truc de barbares », « Comment est-ce possible de faire souffrir ainsi une bête innocente ».  
 
 
commentaires (0)    par Rui Baião de Azevedo
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Lundi 30 juillet 2007
publié dans : Le Portugal - Un peu de Tout

 

SNT.pngIntemporelle, captivante, inoubliable, mais surtout réceptacle de multiples civilisations, cultures et vestiges à travers les âges, Sintra est une ville incomparable, d’un charme rare, envoûtant et sensuel.

L’harmonie parfaite entre la nature et le patrimoine de la ville a conduit l’Unesco à classer Sintra au Patrimoine de l’Humanité, dans la catégorie « Paysage culturel », en 1995.

Tant la plaine que la montagne on été habitées depuis les temps les plus anciens, en attestent les Dolmens et les Nécropoles grecques, les plaques et les urnes funéraires romaines, qui la dénommaient « Mons Lunae ou Montagnes de la Lune ». Le musée Municipal renferme de merveilleux outils préhistoriques et médiévaux qui sont de véritables reliques pour l’amateur.

Reconquise aux Maures en 1147 par Don Afonso Henriques (premier roi du Portugal) juste après la libération de Lisbonne, cette véritable cité ayant gardé encore aujourd’hui le statu de ville, n’a cessé de s’imprégner de tous ceux qui sont tombés sous son charme, et a traversé les siècles en s’enrichissant des différents arts apportés par ses hôtes subjugués par sa beauté et son charme.SintraPortugal01.jpg

Depuis l’âge de pierre jusqu’à nos jours, monarques et manants, nobles féodaux et envahisseurs, ont embellit ce joyaux du bon goût des plus belles constructions religieuses ou païennes, royales ou seigneuriales, tout comme des parcs naturels que le monde entier envie.

Un simple résumé, loin d’être exhaustif, vous montre les éléments architecturaux les plus significatifs.

- Le Palais National de Sintra. Edifié pendant les règnes de Jean 1èr et Manuel II, où le grand poète Luis de Camões fit lecture de cette œuvre irremplaçable que sont le « Lusíadas ».

- Le Palais de la Pena. A ne rater sous aucun prétexte. indexpenapalace.jpg

- Le Palais de Seteais, érigé au XVIIIème siècle.

- Le Château des Maures, du VIIIème.

- Le Couvent des Capunhos.

- Les Eglises de S.Martinho et Santa Maria, toutes deux construites sous le premier Roi portugais.

- L’Eglise Saint-Pierre, aux éléments architecturaux Manuélins incomparables.

- Les Chapelles Saint-Lazare, du XVème, ornées des armureries royales.

- La Maison de Ribafrias.

- Le Piloris de Colares.

- Le Portique Manuélin de São João das Lampas.

- Le Parc Naturel de Sintra-Cascais.

- Le littoral et la Serra de Sintra.PT-Pena-palace-AD12.jpg

Tant de Rois, tombés sous le charme de Sintra, passèrent d’innombrables années à chérir, embellir et doter la ville de ses plus beaux bâtiments et sites. En ces lieux fut signé le Traité de Sintra mettant fin à la première invasion Napoléonienne.

Située à quelques kms de Lisbonne, Sintra est encore aujourd’hui un des endroits les plus plaisants et privilégiés qui existent au Portugal. De la Sierra verdoyante et rocheuse et ses panoramas pittoresques aux jardins secrets où tant de situations romanesques ont été vécues, Sintra ajoute, pour notre plaisir à tous, bien d’autres atouts. En plus de la beauté architecturelle, vous découvrirez une production viticole d’une qualité reconnue, des marbres très particuliers, pâtisseries d’abbaye et beaucoup d’artisanat.

800px-Nt-sintra-palacionacional2.jpgMais attention, réfléchissez bien avant d’y aller. On tombe vite amoureux.

commentaires (0)    par Rui Baião de Azevedo
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Dimanche 29 juillet 2007
publié dans : Le Portugal - Un peu de Tout
Evora.gifLiberalitas Julia pour les romains, Yeborath pour les Mores, Évora reste aujourd’hui pratiquement 2000 ans après sa création, le centre d’une région à ne rater sous aucun prétexte. Concentré architectural unique, patchwork de tendances, où les styles se mélangent et se complètent dans les méandres de ruelles d’un autre temps, de places magnifiques, et d’espaces intérieurs dans d’anciens domaines seigneuriaux d’une beauté rare. Site millénaire d’une histoire et d’une culture véritablement exceptionnels.  
Délimitée au nord la ville d’Arraiolos et sa tapisserie de renommée mondiale, au nord-ouest par Estremoz et ses carrières de marbre blanc incomparable, à l’est par Redondo et ses monuments mégalithiques, au sud-est par Reguengos de Monsaraz et ses vignes, au sud par Portel, Viana do Alentejo au sud-est, et surtout à l’ouest Montemoro-o-Novo et ses ruines et fouilles archéologiques d’une beauté magnifique. 

Quelques notes historiques :
Sur ce site où Elisa fonda cette ville en 145 après le déluge et donc 2164 avant la naissance du Christ, le nom d’Ébora lui a été donné. Certains historiens lui attribuent également les noms de Luso ou Lísias et que de ce nom vient le mot Lusitanie. On dit que le premier roi de cette ville aurait eu une fille hermaphrodite qu’il appela Elbora. À mort de son père Elbur, elle se mariat elle eu une fille à laquelle elle donnât le nom de Évora.
Les premiers écrits datent de l’historien romain Plínio. Il l’appelait Ebora Ceralis dû à l’exceptionnelle fertilité de son sol, et ce avant même de la période romaine en Lusitanie. Point fortifié d’une importance certaine, elle fût capitale sous le règne d’Astolpas, beau-père de roi celte Viriato. Conquise au 2ème. Siècle av JC par Marcus Junius Brutus, fils de l’empereur Marc Antoine, c’est à ce moment qu’Evora devint Liberalitas Julia  en hommage à Jupiter.

Bien plus tard, en 1165, Gérard Sans Peur, noble au service du premier roi du Portugal libre D. Afonso Henriques, reconquit Évora aux Maures.

Métropole ecclésiastique sous les règnes de Jean II [Le Prince Parfait] (1455-1495), Manuel 1èr. [L’Heureux] (1469-1525) et Jean III [Le Pieux] (1501-1557). Son prestige fut particulièrement notable au XVIème. Quand, élevée au rang d’archevêché, l’université d’Évora [affectée à l’Ordre de Jésus] fût créée par le cardinal Infant d’Henrique, archevêque de la ville. Pendant tout le moyen-âge, mais plus spécialement sous la dynastie de la MAISON d’AVIS, Évora fut une des villes les plus importantes du royaume. Au début du 16ème. siècle elle avait encore autant d’habitants que Porto. 

Évora subit un très sérieux revers quand en 1759. Suite à l’expulsion du pays des Jésuites par le Marquis de Pombal, sa prestigieuse université fut fermée. Elle n’ouvrit de nouveau ses portes que pratiquement deux siècles plus tard. 
Cette ville magnifique a été à travers les âges le témoin des divers styles et courants esthétiques. Ayant accumulé au fil des siècles tant d’œuvres d’art que l’Unesco l’a classé en 1986, « Patrimoine Commun de l’Humanité ».

À ne rater sous aucun prétexte !
commentaires (1)    par Rui Baião de Azevedo
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