
Avec la Renaissance, les chevets de lit vont devenir des supports de décors sculptés. Du fait de sa valeur, le lit fait désormais partie du mobilier familial et on le mentionne souvent dans les testaments. Les femmes utilisèrent rapidement le lit comme un moyen de signifier leur situation et leur importance sociale.
Le lit fait partie de l’apparat des cérémonies : on dort dans un lit plus simple et on reçoit dans celui d’apparat. Les étoffes des dais et baldaquins drapées et brodées, établies au plafond depuis les coins des pièces, permettaient d’assurer chaleur et intimité. La condition sociale du résidant était désignée par la longueur du dais : les dais de la dimension du lit étaient réservés aux nobles alors que les dais de dimension moindre étaient destinés à la petite aristocratie. À l’autre extrémité de l’échelle sociale, les lits étaient tout à fait différents - le sommeil était une activité communautaire. Les lits accueillaient plusieurs personnes, ce qui explique qu’à cette époque ils étaient souvent très grands.
Les lits de parade des rois Louis de France
Le lit prend donc une importance croissante à partir de la Renaissance et ce jusqu’à la Révolution. La civilisation européenne était à son apogée, la France, carrefour de la culture occidentale, pouvait s’enorgueillir de nombreux lits parmi les plus somptueux. On va jusqu’à placer aux quatre coins du ciel de lit bouquets de plumes et vases en passementerie. Tous les rois s’offrirent des lits extravagants. Louis XIV en possédait plus de quatre cent lits, pour la plupart ornés de chevets et de garnitures très ouvragés. Il aimait rester au lit et tenait souvent audience dans sa chambre, où il délivrait ses ordonnances dans une position de repos.