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Les Petits Potins de L'Histoire

Les Petits Potins de L'Histoire

Bienvenue sur "Petits Potins de L'Histoire" J'espère que vous prendrez plaisir à me lire .... N'hésitez surtout pas à me proposer des idées ou de créer vous même un article, je mettrai en ligne avec plaisir...


Marquis de Sade - Justine ou les malheurs de la vertu (22eme épisode)

Publié par Marquis de Sade sur 20 Mai 2007, 10:34am

Catégories : #Le Marquis de Sade - Justine

Pour Clément, son esquisse est déjà faite. Joignez, à l'extérieur que j'ai peint, de la férocité ; de la taquinerie, la fourberie la plus dangereuse, de l'intempérance en tous points, l'esprit satirique et mordant, le cœur corrompu, les goûts cruels de Rodin avec ses écoliers, nul sentiment, nulle délicatesse, point de religion. un tempérament si usé qu'il était depuis cinq ans hors d'état de se procurer d'autres jouissances que celles dont la barbarie lui donnait le goût, et vous aurez de ce vilain homme la plus complète image.


Antonin, le troisième acteur de ces détestables orgies, était âgé de quarante ans ; petit, mince, très vigoureux, aussi redoutablement organisé que Sévérino et presque aussi méchant que Clément ; enthousiaste des plaisirs de ce confrère, tuais s'y livrant au moins dans une intention moins féroce ; car si Clément, usant de cette bizarre manie, n'avait pour but que de vexer, que de tyranniser une femme, sans en pouvoir autrement jouir, Antonin, s'en servant avec délice dans toute la pureté de la nature, ne mettait le flagellant épisode en usage que pour donner à celle qu'il honorait de ses faveurs plus de flamme et plus d'énergie. L'un, en un mot, était brutal par goût, et l'autre par raffinement.


Jérôme, le plus vieux de ces quatre solitaires, en était aussi le plus débauché ; tous les goûts, toutes les passions, toutes les irrégularités les plus monstrueuses, se trouvaient réunis dans l'âme de ce moine ; il joignait aux caprices des autres celai d'aimer à recevoir sur lui ce que ses confrères distribuaient aux filles, et. s'il donnait (ce qui lui arrivait fréquemment), c'était toujours aux conditions d'être traité de même à son tour ; tous les temples de Vénus lui étaient d'ailleurs égaux, mais ses forces commençant à faiblir, il préférait néanmoins, depuis quelques années, celui qui, n'exigeant rien de l'agent, laissait à l'autre le soin d'éveiller les sensations et de produire l'extase. La bouche était son temple favori, et pendant qu'il se livrait à ces plaisirs de choix, il occupait une seconde femme à l'échauffer par le secours des verges. Le caractère de cet homme était d'ailleurs tout aussi sournois, tout aussi méchant que celui des autres, et sous quelque figure que le vice pût se montrer, il était sûr de trouver aussitôt des sectateurs et des temples dans cette infernale maison. Vous le comprendrez plus facilement, madame, en vous expliquant comme elle était formée. Des fonds prodigieux étaient faits pour ménager à l'ordre cette retraite obscène existant depuis plus de cent ans, et toujours remplie par les quatre religieux les plus riches, les plus avancés dans l'ordre, de la meilleure naissance, et d'un libertinage assez important pour exiger d'être ensevelis dans ce repaire obscur, dont le secret ne sortait plus, ainsi que vous le verrez par la suite des explications qui me restent â faire. Revenons aux portraits.


Les huit filles qui se trouvaient pour lors au souper étaient si distantes par l'âge qu'il me serait impossible de vous les esquisser en masse ; je suis nécessairement contrainte à quelques détails. Cette singularité m'étonna. Commençons par la plus jeune, je peindrai dans cet ordre.

A peine cette plus jeune des filles avait-elle dix ans un minois chiffonné, de jolis traits, l'air humiliée de son sort, chagrine et tremblante.

La seconde avait quinze ans : même embarras dans la contenance, l'air de la pudeur avilie, mais une figure enchanteresse, beaucoup d'intérêt dans l'ensemble.
La troisième avait vingt ans : faite à peindre, blonde, les plus beaux cheveux, des traits fins, réguliers et doux ; paraissant plus apprivoisée.

La quatrième avait trente ans : c'était une des plus belles femmes qu'il fût possible de voir ; de la candeur, de l'honnêteté, de la décence dans le maintien, et toutes les vertus d'une âme douce.
La cinquième était une fille de trente-six ans, enceinte de trois mois ; brune, fort vive, de beaux yeux, mais ayant, à ce qu'il me sembla, perdu tout remords, toute décence, toute retenue.
La sixième était du même âge : grosse comme une tour, grande à proportion, de beaux traits, un vrai colosse dont les formes étaient dégradées par l'embonpoint ; elle était nue quand je la vis, et je distinguai facilement qu'il n'y avait pas une partie de son gros corps qui ne portât l'empreinte de la brutalité des scélérats dont sa mauvaise étoile lui faisait servir les plaisirs.

La septième et la huitième étaient deux très belles femmes d'environ quarante ans.
Poursuivons maintenant l'histoire de mon arrivée dans ce lieu impur.
Je vous l'ai dit, à peine fus-je entrée que chacun s'avança vers moi ; Clément fut le plus hardi, sa bouche infecte fut bientôt collée sur la mienne ; je me détourne avec horreur, mais on me fait entendre que toutes ces résistances ne sont que des simagrées qui deviennent inutiles, et que ce qui me reste de mieux à faire est d'imiter mes compagnes.

- Vous imaginez aisément, me dit dom Sévérino, qu'il ne servirait à rien d'essayer des résistances dans la retraite inabordable où vous voilà. Vous avez, dites-vous, éprouvé bien des malheurs ; le plus grand de tous pour une fille vertueuse, manquait pourtant encore à la liste de vos infortunes. N'était-il pas temps que cette fière vertu fît naufrage, et peut-on être encore presque vierge à vingt-deux ans ? Vous voyez des compagnes qui, comme vous, en entrant, ont voulu résister et qui, comme vous allez prudemment faire, ont fini par se soumettre, quand elles ont vu que leur défense ne pouvait les conduire qu'à de mauvais traitements. Car il est bon de vous le déclarer, Thérèse, continua le supérieur, en me montrant des disciplines, des verges, des férules, des gaules, des cordes et mille autres sortes d'instruments de supplice... Oui, il est bon que vous le sachiez : voilà ce dont nous nous servons avec les filles rebelles ; voyez si vous avez envie d'en être convaincue. Au reste, que réclameriez-vous ici ? L'équité ? nous ne la connaissons pas ; l'humanité ? notre seul plaisir est d'en violer les lois ; la religion ? elle est nulle pour nous, notre mépris pour elle s'accroît en raison de ce que nous la connaissons davantage ; des parents... des amis... des juges ? Il n'y a rien de tout cela dans ces lieux, chère fille ; vous n'y trouverez que de l'égoïsme, de la cruauté, de la débauche, et l'impiété la mieux soutenue. La soumission la plus entière est donc votre seul lot ; jetez vos regards sur l'asile impénétrable où vous êtes ; jamais aucun mortel ne parut dans ces lieux ; le couvent serait pris, fouillé, brûlé, que cette retraite ne s'en découvrirait pas davantage : c'est un pavillon isolé, enterré, que six murs d'une incroyable épaisseur environnent de toutes parts, et vous y êtes, ma fille, au milieu de quatre libertins, qui n'ont sûrement pas envie de vous épargner et que vos instances, vos larmes, vos propos, vos génuflexions ou vos cris n'enflammeront que davantage. A qui donc aurez-vous recours ? Sera-ce à ce Dieu que vous veniez implorer avec tant de zèle, et qui, pour vous récompenser de cette ferveur, ne vous précipite qu'un peu plus sûrement dans le piège ? à ce Dieu chimérique que nous outrageons nous-mêmes ici chaque jour en insultant à ses vaines lois ?... Vous le concevez donc, Thérèse, il n'est aucun pouvoir, de quelque nature que vous puissiez le supposer, qui puisse parvenir à vous arracher de nos mains, et il n'y a ni dans la classe des choses possibles, ni dans celle des miracles, aucune sorte de moyen qui puisse réussir à vous faire conserver plus longtemps cette vertu dont vous êtes si fière ; qui puisse enfin vous empêcher de devenir dans tous les sens, et de toutes les manières, la proie des excès libidineux auxquels nous allons nous abandonner tous les quatre avec vous... Déshabille-toi donc, catin, offre ton corps à nos luxures, qu'il en soit souillé dans l'instant, ou les traitements les plus cruels vont te prouver les risques qu'une misérable comme toi court à nous désobéir.


Ce discours... cet ordre terrible ne me laissait plus de ressources, je le sentais ; mais n'eussé-je pas été coupable de ne pas employer celle que m'indiquait mon cœur, et que me laissait encore ma situation ? Je me jette donc aux pieds de dom Sévérino, j'emploie toute l'éloquence d'une âme au désespoir, pour le supplier de ne pas abuser de mon état ; les pleurs les plus amers viennent inonder ses genoux, et tout ce que j'imagine de plus fort, tout ce que je crois de plus pathétique, j'ose l'essayer avec cet homme... A quoi tout cela servait-il, grand Dieu ! devais-je ignorer que les larmes ont un attrait de plus aux yeux du libertin ? devais-je douter que tout ce que j'entreprenais pour fléchir ces barbares ne devait réussir qu'à les enflammer ?...
- Prenez cette g..., dit Sévérino en fureur, saisissez-la, Clément, qu'elle soit nue dans une minute, et qu'elle apprenne que ce n'est pas chez des gens comme nous que la compassion étouffe la nature.
Clément écumait ; mes résistances l'avaient animé ; il me saisit d'un bras sec et nerveux ; entremêlant ses propos et ses actions de blasphèmes effroyables, en une minute il fait sauter mes vêtements.
- Voilà une belle créature, dit le supérieur en promenant ses doigts sur mes reins ; que Dieu m'écrase si j'en vis jamais une mieux faite ! Amis, poursuit ce moine, mettons de l'ordre à nos procédés ; vous connaissez nos formules de réception, qu'elle les subisse toutes, sans en excepter une seule ; que pendant ce temps les huit autres femmes se tiennent autour de nous, pour prévenir les besoins, ou pour les exciter.
Aussitôt un cercle se forme, on me place au milieu, et là, pendant plus de deux heures, je suis examinée, considérée, touchée par ces quatre moines, éprouvant tour à tour de chacun ou des éloges, ou des critiques.
Vous me permettrez, madame, dit notre belle prisonnière en rougissant, de vous déguiser une partie des détails obscènes de cette odieuse cérémonie ; que votre imagination se représente tout ce que la débauche peut en tel cas dicter à des scélérats ; qu'elle les voie successivement passer de mes compagnes à moi, comparer, rapprocher, confronter, discourir, et elle n'aura vraisemblablement enture qu'une faible idée de ce qui s'exécuta, dans ces premières orgies, bien légères sans doute, en comparaison de toutes les horreurs que j'allais bientôt éprouver.
- Allons, dit Sévérino dont les désirs prodigieusement exaltés ne peuvent plus se contenir, et qui dans cet affreux état donne l'idée d'un tigre prêt à dévorer sa victime, que chacun de nous lui fasse éprouver sa jouissance favorite.


Et l'infâme, me plaçant sur un canapé dans l'attitude propice à ses exécrables projets, me faisant tenir par deux de ses moines, essaie de se satisfaire avec moi de cette façon criminelle et perverse qui ne nous fait ressembler au sexe que nous ne possédons pas, qu'en dégradant celui que nous avons. Mais, ou cet impudique est trop fortement proportionné, ou la nature se révolte en moi au seul soupçon de ces plaisirs : il ne peut vaincre les obstacles ; à peine se présente-t-il, qu'il est aussitôt repoussé... Il écarte, il presse, il déchire, tous ses efforts sont superflus ; la fureur de ce monstre se porte sur l'autel où ne peuvent atteindre ses vœux ; il le frappe, il le pince, il le mord ; de nouvelles épreuves naissent du sein de ces brutalités ; les chairs ramollies se prêtent, le sentier s'entrouvre, le bélier pénètre ; je pousse des cris épouvantables ; bientôt la masse entière est engloutie, et la couleuvre, lançant aussitôt un venin qui lui ravit ses forces, cède enfin, en pleurant de rage, aux mouvements que je fais pour m'en dégager. Je n'avais de ma vie tant souffert.

Clément s'avance ; il est armé de verges ; ses perfides desseins éclatent dans ses yeux :
- C'est moi, dit-il à Sévérino, c'est moi qui vais vous venger, mon père ; c'est moi qui vais corriger cette pécore de ses résistances à vos plaisirs.


Il n'a pas besoin que personne me tienne ; un de ses bras m'enlace et me comprime sur un de ses genoux qui, repoussant mon ventre, lui expose plus à découvert ce qui va servir ses caprices. D'abord il essaie ses coups, il semble qu'il n'ait dessein que de préluder ; bientôt, enflammé de luxure, le cruel frappe autant qu'il a de forces : rien n'est exempt de sa férocité ; depuis le milieu des reins jusqu'aux gras des jambes, tout est parcouru par ce traître ; osant mêler l'amour à ces moments cruels, sa bouche se colle sur la mienne et veut respirer les soupirs que les douleurs m'arrachent... Mes larmes coulent, il les dévore, tour à tour il baise, menace, mais il continue de frapper ; pendant qu'il opère, une des femmes l'excite ; à genoux devant lui, de chacune de ses mains elle y travaille diversement ; mieux elle y réussit, plus les coups qui m'atteignent ont de violence ; je suis prête à être déchirée que rien n'annonce encore la fin de mes maux : on a beau s'épuiser de toutes parts, il est nul ; cette fin que j'attends ne sera l'ouvrage que de son délire ; une nouvelle cruauté le décide : ma gorge est à la merci de ce brutal, elle l'irrite, il y porte les dents, l'anthropophage la mord : cet excès détermine la crise, l'encens s'échappe. Des cris affreux, d'effroyables blasphèmes en ont caractérisé les élans, et le moine énervé m'abandonne à Jérôme.

- Je ne serai pas pour votre vertu plus dangereux que Clément, me dit ce libertin en caressant l'autel ensanglanté où vient de sacrifier ce moine, mais je veux baiser ces sillons ; je suis si digne de les entrouvrir aussi, que je leur dois un peu d'honneur ; je veux bien plus, continua ce vieux satyre en introduisant un de ses doigts où Sévérino s'est placé, je veux que la poule ponde, et je veux dévorer son veuf... existe-t-il ?... Oui, parbleu !... Oh ! mon enfant, qu'il est douillet !...

Sa bouche remplace les doigts... On me dit ce qu'il faut faire, j'exécute avec dégoût. Dans la situation où je suis, hélas ! m'est-il permis de refuser ! l'indigne est content... il avale, puis, me faisant mettre à genoux devant lui, il se colle à moi dans cette posture ; son ignominieuse passion s'assouvit dans un lieu qui m'interdit toute plainte. Pendant qu'il agit ainsi, la grosse femme le fouette, une autre, placée à hauteur de sa bouche, y remplit le même devoir auquel je viens d'être soumise.

- Ce n'est pas assez, dit l'infâme, il faut que dans chacune de mes mains... On ne saurait trop multiplier ces choses-là...
Les deux plus jolies filles s'approchent ; elles obéissent voilà les excès où la satiété a conduit Jérôme. Quoi qu'il en soit, à force d'impuretés il est heureux, et ma bouche, au bout d'une demi-heure, reçoit enfin, avec une répugnance qu'il vous est facile de deviner, le dégoûtant hommage de ce vilain homme.
Antonin paraît.
- Voyons donc, dit-il, cette vertu si pure ; endommagée par un seul assaut, à peine y doit-il paraître.


Ses armes sont braquées, il se servirait volontiers des épisodes de Clément. Je vous l'ai dit, la fustigation active lui plaît bien autant qu'ai ce moine, mais comme il est pressé, l'état où son confrère m'a mise lui devient suffisant ; il examine cet état, il en jouit, et me laissant dans la posture si favorite d'eux tous, il pelote un instant sur les deux demi-lunes qui défendent l'entrée ; il ébranle en fureur les portiques du temple, il est bientôt au sanctuaire, l'assaut, quoique aussi violent que celui de Sévérino, fait dans un sentier moins étroit, n'est pourtant pas si rude à soutenir ; le vigoureux athlète saisit mes deux hanches, et suppléant aux mouvements que je ne puis faire, il me secoue sur lui avec vivacité ; on dirait, aux efforts redoublés de cet Hercule, que non content d'être maître de la place, il veut la réduire en poudre.
D'aussi terribles attaques, aussi nouvelles pour moi, me font succomber ; mais, sans inquiétude pour mes peines, le cruel vainqueur ne songe qu'à doubler ses plaisirs ; tout l'environne, tout l'excite, tout concourt à ses voluptés ; en face de lui, exhaussée sur mes reins, la fille de quinze ans, les jambes ouvertes, offre à sa bouche l'autel sur lequel il sacrifie chez moi ; il y pompe à loisir ce suc précieux de la nature dont l'émission est à peine accordée par elle à ce jeune enfant ; une des vieilles, à genoux devant les reins de mon vainqueur, les agite, et da sa langue impure animant ses désirs, elle en détermine l'extase, pendant que pour s'enflammer encore mieux, le débauché excite une femme de chacune de ses mains ; il n'est pas un de ses sens qui ne soit chatouillé, pas un qui ne concoure à la perfection de son délire ; il y touche, mais ma constante horreur pour toutes ces infamies m'empêche de le partager... Il y arrive seul, ses élans, ses cris, tout l'annonce, et je suis inondée, malgré moi, des preuves d'une flamme que je n'allume qu'en sixième ; je retombe enfin sur le trône où je viens d'être immolée, n'éprouvant plus mon existence que par ma douleur et mes larmes... mon désespoir et mes remords.


Cependant dom Sévérino ordonne aux femmes de me faire manger, mais bien éloignée de me prêter à ces attentions, un accès de chagrin furieux vient assaillir mon âme. Moi qui mettais toute ma gloire, toute ma félicité dans ma vertu, moi qui me consolais de tous les maux de la fortune, pourvu que je fusse toujours sage, je ne puis tenir à l'horrible idée de me voir aussi cruellement flétrie par ceux de qui je devais attendre le plus de secours et de consolation mes larmes coulent en abondance, mes cris font retentir la voûte ; je me roule à terre, je meurtris mon sein, je m'arrache les cheveux, j'invoque mes bourreaux, et les supplie de me donner la mort... Le croirez-vous, madame, ce spectacle affreux les irrite encore plus.

- Ah ! dit Sévérino, je ne jouis jamais d'une plus belle scène : voyez, mes amis, l'état où elle me met ; il est inouï ce qu'obtiennent de moi les douleurs féminines.
- Reprenons-la, dit Clément, et pour lui apprendre à hurler de la sorte, que la coquine dans ce second assaut soit traitée plus cruellement.


A peine ce projet est-il conçu qu'il s'exécute ; Sévérino s'avance, main quoi qu'il en eût dit, ses désirs ayant besoin d'un degré d'irritation de plus, ce n'est qu'après avoir mis en usage les cruels moyens de Clément qu'il réussit à trouver les forces nécessaires à l'accomplissement de son nouveau crime. Quel excès de férocité, grand Dieu ! Se pouvait-il que ces monstres la portassent au point de choisir l'instant d'une crise de douleur morale de la violence de celle que j'éprouvais, pour m'en faire subir une physique aussi barbare !

- Il serait injuste que je n'employasse pas, au principal, avec cette novice, ce qui nous sert si bien comme épisode, dit Clément en commençant d'agir, et je vous réponds que je ne la traiterai pas mieux que vous.
- Un instant, dit Antonin au supérieur qu'il voyait prêt à me ressaisir ; pendant que votre zèle va s'exhaler dans les parties postérieures de cette belle fille, je peux, ce me semble, encenser le dieu contraire ; nous la mettrons entre nous deux.

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