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Les Petits Potins de L'Histoire

Les Petits Potins de L'Histoire

Bienvenue sur "Petits Potins de L'Histoire" J'espère que vous prendrez plaisir à me lire .... N'hésitez surtout pas à me proposer des idées ou de créer vous même un article, je mettrai en ligne avec plaisir...


Le sanctuaire d’Ampurias en Espagne ou la médecine des Temples - Jean-François GOURDOU - Le Culte d'Asclepios

Publié par Carrosalva sur 19 Septembre 2007, 22:36pm

Catégories : #Histoire de ....

Les sanctuaires d'Asclépios étaient desservis par des prêtres nommés Asclépiades qui, à l'imitation des prêtres égyptiens étaient en même temps médecins et s'occupaient du soin et de la guérison des malades comme interprètes du dieu. Dans le principe, les Asclépiades n'enseignaient qu'à leurs enfants les connaissances médicales qu'ils avaient eux-mêmes reçues de leurs parents de sorte que l'art de la médecine se conservait dans les familles sacerdotales. Nous avons les témoignages d'Hippocrate et de Galien qui le confirment.

Mais il y eut toujours dans la pratique des rapports fructueux entre Asclépiades et médecins profanes, du IV e siècle avant notre ère à la fin de la période romaine.

 

Cette médecine des temples comprenait quatre temps très ritualisés que se devait d'accomplir scrupuleusement chaque malade.

 

 

 

Initiation

 

 

 

Le pèlerin malade est admis à la porte sacrée de la cité. Entrée contrôlée par les gardes et un magistrat, rituel oraculaire. Ablutions des mains tout d'abord à la fontaine de l'entrée, le malade est reçu en premier dans la cité car pour obtenir les bienfaits du Dieu il faut tout

 

d'abord :

 

I. Une grande pureté = 3 jours de pureté rituelle, jeune, abstinence sexuelle.

 

2. Bain rituel soit simple ablution par l'eau sacrée du puits dans une cuvette ou par l'eau d'une source sacrée, soit bain dans une fosse citerne située devant les temples contenant la statue d’Asclépios que les malades caressaient et imploraient.

 

3. Des offrandes ou taxes souvent modestes car Asclépios n'était pas un Dieu de richesse. Soit une branche de laurier ou de saule, soit des pièces d'argent, soit les trois gâteaux "au succès, à la santé et à l'ordre", soit des oeufs symbole de la vie, soit un sacrifice animal du petit au plus gros "coq, goret, mouton, voire taureau" le coq étant symbolique d'Asclépios (nous l'avons vu), soit les sandales portées par le pèlerin.

 

Toutes ces préparations qui étaient en réalité un commencement de traitement devaient être ponctuellement exécutées par les malades.

 

 

 

Incubation

 

 

 

Le pèlerin malade était alors dirigé vers l'Abaton pour y passer la nuit, soit à même le sol, soit sur un simple lit de paille, soit sur la peau de l'animal qu'il avait offert en sacrifice.

 

Les malades portaient une couronne de laurier et se préparaient :

 

A nouveau, ablutions par de l'eau sacrée voire des bains.

 

Libation, coupe de vin de lait mélée de miel.

 

Prières au Dieu Asclépios, le malade est un "suppliant".

 

Le sommeil pouvait être provoqué par des drogues opium ou mandragore; il était alors peuplé de rêves sacrés au cours desquels le dieu pouvait apparaître.

 

Les prêtres visitaient les malades de nuit écoutant les rêves et faisant lécher les plaies et les yeux par les serpents sacrés ou des chiens.

 

Il était interdit de mourir dans l'Abaton, lieu de vie d'où les morts étaient bannis.

 

Une telle cure est décrite par Aristophane dans sa comédie de "Ploutos" sur un mode plaisant voire irrespectueux.

 

 

 

Traitement

 

 

 

Au réveil, les prêtres demandaient d'entendre les rêves pour les interpréter dans le cadre de leurs connaissances ésotériques mais aussi empiriques.

 

 

 

Le malade pouvait être alors :

 

soit guéri miraculeusement par Asclépios compatissant à la souffrance dèS humains.

 

soit apaisé par la « parole » du prêtre et ses encouragements.

 

soit avoir une prescription anodine faite le plus souvent de bains, de régimes, d'exercices physiques, de plantes médicinales.

 

ou, dans certaines circonstances, un traitement énergique de fortes saignées, de cigüe, de vomitifs, de purgatifs-

 

soit bénéficier de « soins directs » pour des affections comme une plaie ou une fracture.

 

soit, bien au contraire, être obligé de revenir pour un nouveau rituel d'incubation.

 

 

 

Ainsi les Asclépiades soignaient "par la parole, les simples et le couteau".

 

 

 

Exemples d’ordonnances

 

"Pour les hémorroïdes : onguent composé de sueur d'aine et d'aisselle de bestiaux, de cendre de têtes de chiens, de peau de serpent macérée dans du vinaigre et du miel Rosat".

 

"Pour les yeux : pommade confectionnée par le mélange de trois têtes d'ail avec du lait de figue et du vinaigre de Sphetos".

 

 

 

Remerciements

 

Ils pouvaient revêtir plusieurs formes :

 

 

 

Sacrifice d'animaux égorgés sur l'autel, où seuls les os et la graisse étaient brûlés, la viande était consommée sur place.

 

 

 

Banquet, "agape" soit en plein air assis dans un exédre soit dans une salle de banquet couché sur des banquettes contre le mur avec des tables devant.

 

 

 

 

 

Ex-voto en terre, en argent ou en bronze figurant d'une manière très frustre la partie du corps guérie, tête, yeux, oreilles, mains, seins, jambe, pied, déposés dans une fosse autour du temple. Remarquons toutefois que les offrandes an épigraphes (sans inscription verbale) particulièrement celles qui reproduisent des parties du corps humain, sans aucune indication d'une affection quelconque, peuvent indiquer aussi des offrandes de demande que des offrandes de remerciements (ex-voto) à la divinité.

 

 

 

Stèles dédicacées rapportant une guérison miraculeuse nombreuses à Epidaure exposées autour du temple dans un "Musée, ou gravées sur le marbre des colonnes.

 

 

 

"Cléo enceinte de 5 ans s'endormit et à son réveil eut un fils".

 

"Ambrosia borgne recouvra la vue".

 

"Un boiteux remarcha".

 

 

 

Telle était la médecine des temples au temps des grecs que nous ont permis d'évoquer les fouilles archéologiques de la ville d'Ampurias en Catalogne. Durant six siècles, un rituel identique rassembla d'innombrables malades. Le changement des Dieux, le rationalisme hippocratique, alexandrin puis galénique ne détourna jamais les hommes de l'espérance du sacré dans la guérison de leurs maux et de leur angoisse.

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