La variole, connue aussi sous le nom de petite vérole, est au 18e siècle une des infections les plus meurtrières et sévit de façon endémique dans nos régions. La technique de variolisation adoptée dans le monde islamique est donc la bienvenue mais l’esprit borné du clergé et des médecins de l’époque, en plus du danger encouru, a considérablement freiné son expansion. Pourtant c’est bien la variole qui a tué Louis XV en France, la Reine Marie II en Angleterre ou encore le Tsar Pierre II en Russie ; les aristocrates n’étaient pas épargnés. Catherine II de Russie, suite au succès de son inoculation en 1768, ouvre des « maisons d’inoculation » à Moscou, Saint-Pétersbourg et d’autres villes russes. La technique reste risquée et le programme de variolisation de masse ne permet pas une éradication de la maladie puisqu’il faut constamment « entretenir » le fléau afin de constituer une réserve de matière première nécessaire à la variolisation. En France, ce sont les enfants des orphelinats qui seront les tristes réservoirs de la fameuse substance.