Le supplice de la faim, qui peut paraître manquer d’inventivité, donnait pourtant également lieu à une certaine diversité de mise en oeuvre ; on invente des masques de toutes sortes – souvent désignés comme « masques de la faim » – pour empêcher l’alimentation du condamné. De même, naît au XVIe siècle la « poire d’angoisse » qui emplit la bouche du condamné. Parfois, ce supplice est associé à d’autres tortures, telle celle consistant à gaver le condamné avant de lui boucher l’anus. Le supplice de la faim accompagnait souvent la condamnation à l’encagement, apparue dès l’Antiquité afin d’exposer le coupable à la vindicte populaire en le plaçant au centre de la cité. Il permettait d’éviter une sanglante exécution qui aurait pu heurter les âmes trop délicates. En plus de souffrir les affres de la faim et de la soif, les hommes destinés à l’emmurement périssaient d’asphyxie. Condamnation à l’oubli, l’emmurement fut très pratiqué par l’Inquisition mais, comme il ne nécessitait pas la prononciation de la peine capitale, il ne frappait pas uniquement les hérétiques : il constituait un moyen très commode pour se débarrasser discrètement des indésirables.