La municipalité de Paris dispose en outre d’un lieu où conserver la charte, fondement de l’institution.
C’est le chartier, ou salle des archives, qui est construit en pierre pour éviter les incendies.
A Paris, le corps de ville intervient dans tous les domaines de la vie urbaine: police, justice, commerce, voirie, santé, ravitaillement... Il dispose à cet effet d’une administration dont l’importance augmente considérablement au cours des XVIIe et XVIIIe siècles. Les nécessités de son bon fonctionnement conduisent les municipalités à entreprendre la construction d’hôtels de plus en plus vastes.
L’hôtel de ville est enfin le cadre privilégié dans lequel se déroulent les grands moments de la vie de la cité.
Cette fonction festive devient prépondérante au cours du XVIIe siècle. Privés par le roi de la réalité du pouvoir, prévôts et échevins s’étourdissent en fêtes et en cérémonies réglées par une stricte étiquette.
Les manifestations traditionnelles de la vie municipale perdent l’aspect populaire et spontané qui les caractérisait jusqu’alors.
Organisées pour une élite urbaine, elles quittent la rue pour l’hôtel de ville qui, telle une grande demeure, doit comporter un vaste vestibule, un escalier majestueux et des salles d’apparat.
A Paris, l’architecte italien Dominique de Cortone dit le Boccador dessine les plans du premier grand palais municipal français.
C’est un édifice régulier, à trois corps, surmonté en son centre d’un beffroi élancé. Commencé en 1533, il n’est achevé qu’au siècle suivant. Il ouvre la série des grands hôtels de ville construits en France aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Dans la première moitié du XVIIe siècle, le délabrement général des finances municipales empêche plusieurs villes de mener à bien quelques projets trop ambitieux.
Au XVIIIe siècle, la construction des grands hôtels de ville est entièrement supervisée par l’administration royale.
Simple édifice administratif, le palais municipal n’est plus le chef-d’œuvre architectural de la cité qu’il prétend représenter.
Au cours du siècle, de nombreuses villes, sous l’impulsion de l’intendant ou du gouverneur de la province, restaurent ou réédifient leur maison commune: Bientôt, le style de ces bâtiments se fige en un archétype peu inventif mais fonctionnel, élégant et économique. Dans les grandes capitales du royaume, les nouveaux hôtels de ville ornent les places architecturées des quartiers neufs, à côté des palais de justice et des parlements. Leur histoire se mêle alors à celle des places royales du XVIIIe siècle.